Test : Monster Hunter Stories (3DS)

La série Monster Hunter affiche bientôt 15 ans au compteur et une popularité toujours au beau fixe sur l’archipel Nippon, ayant profité des belles heures de la PSP et de la 3DS, ainsi que de son concept se prêtant à merveille au multijoueur local, pour s’imposer comme une référence du jeu vidéo japonais moderne.
Chez nous, en revanche, la conquête de son public fut bien plus difficile, mais récolte enfin les fruits de son dur labeur, notamment grâce aux efforts de Nintendo pour pousser la série sur 3DS avec les différentes déclinaisons des épisodes 3 et 4.

Dans cet univers medieval-fantasy, vu et revisité par les Japonais, on incarne un chasseur de monstres reprenant le mode de vie et les fondamentaux des premières civilisations humaines : chasse, pêche et cueillette.

Comme dans un Diablo, la carotte qui guidera le joueur : la quête de l’équipement ultime. Chaque dinosaure occis nous conférant divers matériaux, lesquels nous permettent de crafter de nouvelles armes et armures, qui permettent quant à elles d’affronter des monstres plus puissants, nous donnant accès à de nouveaux matériaux pour construire de nouveaux équipements, et vice versa.
Conscient de la difficulté et de la rigidité de la série, devenues des marques de fabrique, Capcom a donc mis en chantier ce spin-off Stories, laissant tomber la chasse aux monstres en temps réel et les affrontements d’anthologie pour une version plus kawaii et simple d’accès, prenant la forme d’un jeu de rôle au tour par tour.
Voyons donc si ce Monster Hunter à destination d’un public plus jeune possède toutes les qualités d’un grand jeu.

Of Monsters and Men

On comprend très vite, en découvrant son histoire, que ce Monster Hunter Stories veut marcher sur les plates-bandes d’un Pokémon ou d’un Yokai Watch.
Ici, point de quête de l’équipement légendaire ultime ou de l’extermination des dragons qui peuplent notre belle région.
Dans le village d’Hakum, les humains vivent paisiblement auprès des monstres et sont parvenus à en faire leurs alliés, au point d’être parvenus à les dompter et à les chevaucher.
Les Riders peuvent, suite à un rite initiatique, faire ami-ami avec un Monstie (contraction de monster et de « bestie », le meilleur ami, en anglais) vers l’âge de 10 ans, comme dans un certain Pokémon.
Cette alliance entre l’homme et la bête étant mal vue parmi les autres contrées qui peuplent ce monde, le village a ainsi préféré garder cette particularité secrète pour éviter que leurs compagnons se fassent purement et simplement exterminer.

Notre héros (fille ou garçon, entièrement personnalisable de la tête aux pieds) cherche à devenir un Rider, accompagné par ses deux amis d’enfance, Ren et Lilia. C’est à l’occasion d’une exploration dans les bois qu’ils mettent la main sur un œuf de Rathalos (le monstre signature de la série) prêt à éclore.
Mais un fléau maléfique ayant rendu fou un monstre sauvage pousse ce dernier à attaquer le village natal de nos protagonistes, faisant au passage de nombreuses victimes, dont les parents de Ren.
Une année après ces tragiques évènements, Ren a perdu son tempérament jovial et sa bonne humeur, arborant une moue de méchant de dessin animé, tandis que le fléau ne cesse de progresser dans nos vertes contrées. C’est alors que l’on complètera la cérémonie d’initiation pour devenir nous aussi un Rider chevronné et pouvoir, de ce fait, explorer le monde et tenter de mettre fin à cette mystérieuse aura démoniaque.
En bon Rider, il faudra donc tisser des liens avec les bestioles sauvages, soit concrètement capturer ces gentils monstres, qui malheureusement ne tiennent pas dans une poche.
Si ce scénario peut paraître d’un classicisme assez effarant, il ne faut pas oublier que l’aventure se destine principalement aux plus jeunes. Nous avons tous connu des jeux de rôle japonais aussi clichés que ça, ne nous voilons pas la face.

Chasse, pêche, nature et tradition

Côté combats, on est à des kilomètres de la formule classique de Monster Hunter.
À la trappe, les mécaniques de beat them up et de hack and slash. Place aux combats au tour par tour avec du gain d’expérience pour notre héros et ses monstres à chaque victoire.
Lors d’une bataille, différentes options s’offrent à nous. On peut attaquer tout simplement ou recourir aux capacités spéciales de son héros ou de son Monstie (buff, débuff, coup puissant, etc.), utiliser des objets, changer de monstre leader sur le terrain ou même fuir. Notre héros est entièrement contrôlable lors de son tour, alors que son monstre est assez autonome, ce qui peut occasionner des combats un peu plus longs que si tout était laissé à la main du joueur.
Ces deux personnages devront alors affronter les hordes d’ennemis se dressant face à eux, se comptant parfois par trois ou quatre, et dirigés de temps en temps par un leader, plus puissant et capable d’appeler des renforts.
L’option basique « combat » permet alors de choisir entre 3 possibilités : Vitesse, Force ou Technique. Tous les combats reposeront sur ce triangle de forces et faiblesses (la technique bat la vitesse, la vitesse bat la force et la force bat la technique), et il faudra assez vite apprendre à reconnaître quel ennemi utilise quel type d’attaque, même si assez souvent, c’est écrit en lettres capitales sur son museau.
Les duels s’apparentant à des parties de pierre-feuille-ciseaux, rien de bien compliqué pour les experts en stratégie que vous êtes certainement.

Lorsqu’on lance une attaque ayant l’ascendant sur une autre, on a bien entendu la priorité, on inflige de lourds dégâts à l’adversaire et ce dernier peut se retrouver stoppé dans son élan et son attaque annulée. Deux attaques de même calibre (vitesse contre vitesse, par exemple) permettront aux deux assaillants de se bastonner mutuellement. Tandis qu’une attaque faible sur un coup fort est bien évidemment à éviter.

À force de réussir à placer plusieurs coups critiques face à l’équipe adverse, la jauge de synchronisation avec son Monstie grossit, ce qui permettra de déclencher une attaque dévastatrice infligeant de très lourds dégâts. Cette jauge est segmentée en différents niveaux et il n’est pas nécessaire d’attendre qu’elle soit remplie au maximum pour enclencher sa furie, même si c’est vivement conseillé contre les boss les plus récalcitrants.
Comme dans tout bon RPG, notre héros pourra se revêtir de différents talismans et autres équipements lui conférant des bonus de statistiques et autres effets passifs.

L’armurier et le forgeron pourront également, contre des espèces sonnantes et trébuchantes ainsi que contre des ressources animales et végétales, vous gratifier de nouvelles armes et armures permettant de combattre des créatures toujours plus puissantes.
Les vastes plaines, cavernes et autres forêts qui composent le monde du jeu pourront être explorés à dos de Monstie, servant de monture à notre héros et à Navirou, le Félyne nous accompagnant et servant de guide tout au long du jeu.
Il est vivement recommandé, lors de ces phases de chevauchées, de mettre la main sur différentes ressources minières et autres plantes, visibles assez distinctivement à l’écran.
On trouvera assez vite des repaires de monstres sur la carte, lesquelles abritent des œufs qu’il faudra subtiliser à son détenteur afin de mettre la main sur une nouvelle créature, une fois cet œuf éclos.
De très nombreuses quêtes annexes peuvent être acceptées en parlant aux humains qui peuplent la carte ou en se rendant au tableau d’affichage des quêtes, lesquelles permettent de s’accaparer d’autant plus vite argent, expérience et nouvelles armes.
Il est à signaler qu’une option d’avance rapide permet de zapper les dialogues avec les PNJ ou d’accélérer les phases de combat, ce qui est un luxe non négligeable dans un RPG à ce point-là basé sur le grinding et la collecte.

Malheureusement, le jeu peine à se renouveler. L’histoire n’est guère palpitante passée la découverte des premières heures. On aurait aimé que le système de combat puisse se réinventer grâce à un twist ou à l’inclusion de nouvelles mécaniques au fur et à mesure de la progression. Les quêtes fedex de collecte et de chasse étant assez vite faciles à remplir et n’apportant des récompenses que très modestes, on retournera bien vite sur l’histoire principale.
Comme dans les jeux reprenant la formule de Pokémon, l’on pourra trouver un intérêt certain dans la collecte de monstres et la complétion intégrale du bestiaire, laquelle est entre autres facilitée par la fusion ADN, à la manière d’un Shin Megami Tensei.

Si sur New 3DS je n’ai pas rencontré de soucis particuliers, il semblerait que sur 3DS classique le jeu aurait quelques problèmes d’affichage, de ralentissements et des problèmes de caméra. Le fait d’avoir un second stick pour contrôler la caméra aide beaucoup.

Heureusement que le jeu peut compter sur sa direction artistique très réussie, ses animations adorables et ses cinématiques au top pour relever ce bilan technique un peu moyen. Et pour les fans de Nintendo, il est possible de récupérer un pack de DLC gratuit thématisé The Legend of Zelda, lequel vous octroie la tunique verte de Link, la Master Sword, un Monstie Epona que l’on peut chevaucher et faire combattre à nos côtés, ainsi qu’un masque de Majora pour Navirou. Cependant, il faudra mériter ces bonus en remportant différents défis, lesquels ne seront pas disponibles dès le début de l’aventure.

Dinosaur Island

Grâce à son univers coloré et enchanteur, Monster Hunter Stories avait tout pour séduire un large public. C’est assez dommage que le système de combat soit si basique et que l’histoire manque de rebondissements. Cependant, il s’agit d’un épisode plutôt solide et très agréable à parcourir qui plaira surtout aux plus jeunes, pouvant sans difficulté pardonner les quelques errances du titre et sa relative répétitivité (qui est également présente dans la série principale).
Il serait difficile de concevoir que Stories puisse contenter les amateurs des épisodes classiques, habitués à des chasses exigeantes et rugueuses. Ces derniers attendent certainement Monster Hunter World sur PS4 et Xbox One, totalement seamless et jouable en ligne avec ses amis, dont la sortie est prévue pour le mois de janvier prochain.

Falcon

Points forts :

– Visuellement très mignon
– Musiques très agréables
– L’addictivité de la collecte de monstres
– L’univers de Monster Hunter finement adapté
– Le DLC gratuit The Legend of Zelda

Point faibles :

– Système de combat qui manque de profondeur
– Pas au top techniquement
– Temps de chargement longs
– Vite répétitif
– Amiibo non disponibles en Occident

[note] La note : 14/20 [/note]

Développeur : Marvelous
Éditeur : Capcom
Genre : 
RPG / Monstres
Support :
 3DS
Date de sortie :
 8 septembre 2017

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