Test : Fire Emblem Warriors (Switch)

Après avoir adapté l’univers de The Legend of Zelda à la sauce musou avec Hyrule Warriors et Hyrule Warriors Legends, les équipes de Koei Tecmo s’attaquent maintenant à Fire Emblem. Le célèbre jeu de stratégie devient donc, un instant, un jeu d’action pure et dure, avec cependant quelques variantes à la formule classique. En changeant de style, Fire Emblem Warriors va-t-il changer son âme ? La réponse, sans attendre.

Un nouveau crossover

Les personnages de Fire Emblem sont déjà apparus dans un premier crossover sur Wii U, dans le très surprenant Tokyo Mirage Sessions #FE. Cette fois, on a un crossover plus classique, qui reprend quelques personnages de Fire Emblem pour les transposer dans un musou. Fire Emblem Warriors permet donc de retrouver des héros des épisodes Awakening, Fates, Shadow Dragon et Echoes dans un même jeu, alors qu’ils ne se connaissent pas. Comme d’habitude, le scénario ne brille pas par son originalité, mais ce n’est pas le problème. Le royaume d’Aytolis va bientôt voir son prince Rowan devenir roi, alors que ce dernier préfèrerait voir sa sœur jumelle Lianna monter sur le trône. Mais il n’aura pas le temps de trop se lamenter, car des monstres terrifiants apparaissent soudainement et attaquent leur château. Leur mère, la reine, a juste le temps de leur confier l’Egide Ardente, le bouclier magique capable d’enfermer le Dragon du Chaos responsable de cette attaque. Cependant, pour redonner toute sa puissance au bouclier, il faut trouver cinq pierres magiques, des Luxolithes, détenues par des guerriers issus d’autres mondes. La recherche des puissants héros des différents univers de Fire Emblem peut commencer, appuyée par des cinématiques magnifiques.

Un musou bourrin et tactique à la fois

Les habitués du style musou trouveront vite leurs marques : il faut toujours alterner les attaques fortes et faibles et faire de nombreux combos pour déclencher des attaques spéciales spectaculaires. Cependant, si Omega Force maîtrise bien son sujet, Fire Emblem Warriors contribue à renouveler le genre par l’apport de règles propres à la série.

Ainsi, on retrouve le célèbre « permadeath » qui est, comme dans les jeux Fire Emblem les plus récents, optionnel. Selon le niveau de difficulté, la mort d’un personnage en combat peut être définitive ou presque. Pour ne pas trop pénaliser les joueurs, il existe cependant un moyen très contraignant de les ranimer, mais perdre un combattant constitue un gros handicap quand le permadeath est activé. Le célèbre triangle des armes est de mise, tout comme les types de héros. Ainsi, un chevalier pégase va se retrouver en difficulté contre un archer. À l’inverse d’un musou classique, on ne peut pas envoyer n’importe qui combattre n’importe quoi, sous peine de voir ses alliés se faire massacrer. Pour les joueurs peu habitués à ces subtilités, des icônes permettent de comprendre rapidement si un ennemi est fort ou faible pour notre personnage. Une flèche vers le haut indique qu’on aura l’avantage en combat ; vers le bas, on préfèrera changer de combattant. Il en résulte un petit côté tactique qui s’allie à merveille au jeu d’action bien bourrin et le rend vraiment très intéressant. Pour renforcer l’aspect tactique, au début de chaque mission, on peut changer les unités alliées, les placer différemment et leur donner des ordres. Les ordres peuvent également être donnés en cours de mission, afin de sauver une situation qui s’avère catastrophique.

Les autres aspects de Fire Emblem qu’on retrouve dans ce jeu sont les montées en niveau qui semblent faire monter les stats de façon aléatoire, les liens d’amitié entre les personnages, les techniques spéciales à débloquer (stellaire, etc.), les changements de classe dès le niveau 15 (toujours à l’aide d’un Magister) et les duos. On peut associer librement deux héros pour bénéficier d’une augmentation de stats et de capacités renforcées. Le deuxième membre du duo peut également annuler certaines attaques et déclencher des coups supplémentaires, sans parler des attaques spéciales en duo. Enfin, les personnages peuvent être à pied, à cheval ou chevaucher des créatures ailées. Ces dernières sont les seules à pouvoir franchir facilement les ravins, épargnant de gros détours. Enfin, dans certains forts, des veines draconiques peuvent être activées pour modifier la carte et ouvrir de nouveaux passages. En revanche, l’usure des armes n’a pas été reprise, et heureusement !

Fire Emblem Warriors reprend donc les éléments principaux qui font l’essence même de Fire Emblem et rend le style musou plus passionnant.

Une architecture proche d’Hyrule Warriors

Tout n’est pas non plus nouveau dans Fire Emblem Warriors. Omega Force s’est servi de son expérience avec Hyrule Warriors et reprend la même architecture avec quelques améliorations. Ainsi, les deux jeux présentent le même style de cartes aux graphismes très moyens et aux environnements à la vacuité affolante. Il faut toujours se précipiter sur les bases et forts ennemis pour les capturer et remplir des missions annexes en cours de route, puis foncer battre le boss de la carte, comme dans la plupart des musou, d’ailleurs. Quelques idées d’Hyrule Warriors reviennent dans ce jeu. Plusieurs cartes du mode histoire permettent de gagner des souvenirs d’Anna, en remplissant certaines conditions. Chaque souvenir d’Anna débloque une partie d’une image et le but est de reconstituer entièrement plusieurs images pour gagner des bonus. C’est très semblable aux skulltulas d’Hyrule Warriors. Pour améliorer les personnages, il faut sacrifier de nombreux objets sur les arbres des compétences des personnages, qui fonctionnent exactement comme dans les deux jeux précédents. De même, on peut sacrifier des objets pour obtenir des bénédictions conférant des bonus spécifiques (meilleures objets, plus d’argent, etc.) pendant la prochaine mission. Le niveau des personnages est pour l’instant limité à 99, mais comme des DLC sont déjà annoncés, on peut penser que le niveau maximum sera augmenté progressivement à 255. Comme dans Hyrule Warriors, les armes possèdent des attributs qu’on peut supprimer, remplacer ou transférer à d’autres pour obtenir un équipement surpuissant. Ainsi, les fans d’Hyrule Warriors ne seront pas perdus et retrouveront vite leurs marques. Fire Emblem Warriors offre aussi un contenu suffisant.

Mode histoire, mode chronique, DLC et amiibo

Fire Emblem Warriors propose pour l’instant un mode histoire d’une vingtaine de missions et un mode Chroniques. Les chroniques reprennent certaines batailles épiques des jeux Fire Emblem les plus récents. Dans ce mode, les missions sont plus variées : on doit éliminer un maximum d’adversaires en un temps limité, défendre, protéger, etc. Les chroniques complètent admirablement bien le mode histoire, car plusieurs souvenirs d’Anna, Magister et objets rares ne peuvent être obtenus que par ce biais. Les DLC déjà annoncés grâce au Season Pass offriront du contenu supplémentaire non dénué d’intérêt, même si pour l’heure, nous ne disposons pas d’assez de détails.

Le jeu est également compatible avec tous les amiibo. Comme pour Hyrule Warriors, on peut en utiliser 5 par jour pour débloquer des armes, des objets et de l’argent. Les amiibo Chrom et Tiki, sortis avec le jeu, permettent même d’obtenir des armes exclusives à ces deux personnages. Il ne faut pas négliger les amiibo, car ils permettent d’accélérer considérablement l’avancée dans le jeu en fournissant au joueur des armes puissantes qu’on aurait du mal à obtenir sans. Deux joueurs peuvent également s’adonner aux joies du massacre en coopération, mais en écran scindé, ce qui donne quelques baisses de framerate. Ce mode reste toutefois sympathique.

Un musou rafraîchissant

Tout en reprenant quelques éléments d’Hyrule Warriors, Fire Emblem Warriors réussit à renouveler le musou en proposant un jeu toujours aussi bourrin, mais tactique à la fois. L’IA des alliés a été améliorée et, cette fois, ont peut compter sur nos alliés, bien qu’il faille quand même leur donner des ordres. Les combats sont toujours aussi spectaculaires et les personnages puissants font voler les adversaires par milliers. Ces derniers ont toujours tendance à se jeter en masse sur nos combattants sans trop réfléchir. On aime combattre à pied, à cheval ou dans les airs, malgré quelques lourdeurs à cheval ou à dos de pégase. La carte, fixe, n’est pas toujours très claire et utile, mais on s’y fait. Si on incarne des personnages phares de la série (Chrom, Lucina, Tiki…), on aurait bien aimé un casting plus étoffé, reprenant des héros de bien plus de jeux malgré tout. Un DLC gratuit permet de bénéficier des voix japonaises pour faire plaisir aux plus grands fans. Les voix anglaises sont de bonne facture et les sous-titres disponibles dans une multitude de langues rendent le jeu accessible au grand public.
Le style Fire Emblem est bien respecté et non dénaturé par l’action débridée des musou, donc n’hésitez pas à vous pencher sur ce jeu, en attendant un véritable jeu Fire Emblem sur Switch, prévu pour l’année prochaine, si tout va bien.

Enguy

Points forts :

– Combats dynamiques
– Le côté tactique de Fire Emblem
– Mode coop 2 joueurs
– Les attaques spéciales spectaculaires (Tiki sous sa forme dragon)
– Voix en japonais ou anglais et sous-titres français

Points faibles :

– Techniquement toujours un peu faible
– Action répétitive
– Les DLC donnent l’impression d’un jeu en kit
– Carte peu pratique et lisible
– Casting assez réduit

[note]LA NOTE : 16/20[/note]

Éditeur / Développeur : Nintendo / Koei Tecmo
Genre : action RPG / JRPG / musou
Supports : New 3DS, Switch
Date de sortie : 20 octobre 2017

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