Test : PixARK (Switch) est en plein chantier

Méprenez-y vous bien : c’est du Minecraft pur et dur… tel qu’on le faisait en 2012.

Une journaliste se doit d’être objective et impartiale, tout du moins c’est ce que je m’imagine. Il faut juger les jeux pour ce qu’ils sont au moment où on y joue et pas pour ce qu’ils pourraient devenir, ce qui rend les articles sur ceux en accès anticipé compliqués. PixARK est disponible en version bêta depuis l’année dernière, en 2018, et semble n’en être jamais sorti. Ce sont des choses qui arrivent, mais quand on nous vend le produit une quarantaine d’euros, on se demande de quelle manière on doit le juger…

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PixARK n’est autre que le mélange assez logique entre le classique de construction Minecraft et la populaire survie préhistorique ARK: Survival Evolved. Rien d’extraordinaire n’a été ajouté à une formule dont la recette semble évidente, nous promettant de grandes aventures entre amis. On passera outre les menus un peu rêches pour se concentrer sur le jeu en lui-même, préférant jouer en solitaire pour cause du lag important en ligne ou de serveurs vides en pleine période de lancement.

On fait d’emblée un double constat : non seulement c’est joli et fluide, mais la bande-son particulièrement douce a des airs de Grant Kirkhope dans Viva Piñata, ce qui est loin de me déplaire. Le style voxel adopté tente de se démarquer du titre de Microsoft/Mahjong en ajoutant de multiples petits cubes sur les personnages pour les rendre plus détaillés. Un choix esthétique parfois pas très propre, tous les goûts sont dans la nature ! Bien qu’un certain clipping assez naturel soit présent, les couleurs subliment un environnement pourtant bien carré. C’est malheureusement là que s’arrêtent les compliments, le reste transpirant le chantier en cours.

LEVEL UP IS AVAILABLE! Access Inventory to Apply Points!

L’écran est jonché de notifications se battant pour être en tête de liste. Les noms des dinosaures, des lieux, l’interface même polluent l’image au point d’en nuire à la lisibilité générale. Aucun tutoriel n’est disponible, c’est au joueur de comprendre lui-même ce qu’il fait là, ce qu’il doit faire, mais surtout comment y arriver. Des petits robots surplombés d’un pilier de lumière vous proposent des quêtes censées vous guider sur le droit chemin à condition de saisir où se situe l’objectif, plongé dans ce marasme d’informations indigérables. Mention spéciale à la longue tirade qui indique qu’on vient de monter de niveau, nous rappelant qu’on utilise nos points. Elle ne disparaît qu’après en avoir dépensé la totalité, chose impossible pendant une bonne partie du début d’une aventure pour cause d’arbres de compétences au leveling un peu chaotique. En bref, le texte est bloqué constamment en haut de l’écran, une aberration.

Taper sur les cubes pour récolter des ressources comme dans Minecraft ne mène pas à grand-chose et bien qu’on comprenne rapidement que le bouton « X » (sur Switch, celui du haut) est également utilisé pour interagir différemment avec son environnement, le reste est bien moins aisé à saisir. Les baies et autres herbes s’accumulent sans qu’on sache véritablement pourquoi et s’ajoutent dans différents endroits des menus sans qu’on sache véritablement comment. La barre de raccourcis façon MMO en bas de l’écran est aussi efficace qu’elle peut l’être avec une manette, tout en restant peu intuitive. D’autres touches cachent des fonctions cachées qui ne sont indiquées nulle part, comme la touche « – » qui active la carte (floue) avec une rapide pression dessus, mais nous sort un énorme menu radial si on reste appuyé dessus. Ne me remerciez pas pour cette information, je suis ravie d’être enfin utile !

Et tu tapes tapes tapes, c’est ta façon d’aimer

Il faut bien plusieurs heures avant de comprendre véritablement ce que PixARK attend de nous. Un but se situe quelque part, contrairement au soft de Mahjong ouvertement basé sur la construction pure pour se défendre des zombies. Toutes les options se trouvent dans le menu activable avec « B », rempli au passage d’écritures dépassant les cases. Les engrammes nous permettent de débloquer la possibilité d’effectuer une action ou de construire un objet, ce après quoi nous devons trouver les ressources nécessaires pour obtenir le nouvel outil qui nous permettra de progresser. Le jeu est rempli de promesses d’aventures, de mystères avec son univers à la fois préhistorique et futuriste, mais rien ne semble fini. Une fois qu’on a réalisé quelques selles pour monter sur le dos des animaux que nous avons dompté en leur donnant un fruit (sans animation pour illustrer l’action), on a fait le tour de ce que PixARK a d’inédit à proposer. On construira bien quelques maisons ici et là, avec des possibilités bien moins poussées que celles de Minecraft.

La version Switch suivra-t-elle les mises à jour que reçoit celle PC ? Ou bien sommes-nous bloqués avec une pré-alpha à tout jamais ? Le développeur est resté silencieux sur le sujet, ce qui n’augure rien de bon. On espère surtout voir du crossplay afin de pouvoir jouer avec les supports concurrents, les serveurs étant désertiques au possible.

Il est impossible de recommander PixARK en l’état. L’interface illisible d’un système de jeu complexe et les faibles possibilités une fois les niveaux maximums atteints entachent un titre plutôt joli et tournant correctement. Pour le double du prix de Minecraft, on vous propose d’y réfléchir à deux fois… mais également d’attendre d’éventuelles mises à jour. On lui donnera le bénéfice du doute dans l’immédiat.

Marynou

Points forts :

– Plutôt joli
– Bande-son agréable
– On chevauche des dinosaures !
– Pour partir à la chasse aux trésors !

Points faibles :

– Interface brouillon
– Textes dans tous les sens
– Vide
– Redondant
– Manque de finition
– Aucun tutoriel malgré un système de jeu très compliqué

LA NOTE : 10/20

Développeur / Éditeur : Studio Wildcard / Snail Games
Genre : Survie, Construction, Dinosaures
Support : Switch (testé), PS4, Xbox One, PC
Date de sortie : 31 mai 2019

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