Test : Watch_Dogs 2 (PS4)

watch_dogs_2_cover_02En bien ou en mal, en vrai ou en faux, Watch_Dogs est sans conteste l’un des projets ayant le plus fait parler de lui de toutes les manières ces dernières années, pour finalement jouer contre lui sur certains points cruciaux, sans pour autant gêner les ventes colossales qu’il a pu connaitre. Un tel succès public ne pouvait qu’assurer une expansion de la franchise, sobrement intitulée Watch_Dogs 2, ayant en revanche, elle, moins le droit à l’erreur.

Selfrancisco

Afin de se démarquer de la meilleure des manières du volet originel, Watch_Dogs 2 bouleverse littéralement tout l’enrobage que l’on a connu il y a deux ans. Exit l’Illinois et bienvenue en Californie, plus précisément, c’est à San Francisco que l’on débarque. Pour les moins habitué(e)s à la géographie Outre-Atlantique, sachez que c’est un peu comme si vous passiez de Metz à Marseille. Au revoir Aiden Pearce également, puisque c’est un hacker du coin, venu d’Oakland exactement, que l’on incarnera désormais : Marcus Holloway, bien décidé à laisser planer son ombre sur le ctOS 2.0, le système de surveillance omniprésent de la cité.
Classiquement, notre héros a subi les failles de cet outil durant sa jeunesse, l’accusant d’un crime qu’il n’a pas commis. Ce qui lui donna l’envie de se la jouer Robin des Bois des temps modernes en rejoignant l’escadron d’hacktivistes DedSec, afin de venir en aide à la population risquant elle aussi d’être prise en défaut à tort, tout en empêchant que des personnes aux mauvaises intentions ne se servent du logiciel dans un but fallacieux. On peut être clair dès à présent sur le charisme du protagoniste, car si vous n’aviez que peu, voire pas du tout accroché à son prédécesseur, le petit nouveau devrait savoir vous contenter, tant ils s’avèrent diamétralement opposés dans à peu près tous les domaines, dont leurs caractères.

Le scénario peut donc sembler assez classique dans son ton, toutefois, on notera une certaine inspiration humoristique que ne contenait pas le numéro un. On n’ira point jusqu’à affirmer que l’on y retrouve des touches caustiques, ni même une satire de la société, qu’elle soit bien ou mal tenue. En revanche, d’ici et là, on relèvera des particularités allant dans ce sens, même s’il ne faut pas exagérer. L’exemple le plus concret s’avérant à coup sûr, les sites, applications et autres réseaux sociaux que chacun(e) connait et renommés pour l’occasion. Si quelqu’un bondit de son fauteuil en voyant cela, en se disant que c’est formidable et irrévérencieux, on peut en déduire qu’il vient de naitre. Néanmoins, lors de ses pérégrinations, tous ces pastiches collent comme il se doit aux situations, générant ainsi une certaine cohérence entre le piratage de tel organisme tout puissant, avant de croiser une secte aux intentions pas très nettes, pour conclure sur une série de selfies, afin de vivre avec son époque.

Les dialogues, plutôt bien écrits, iront eux aussi dans ce sens, sans pour autant chercher vraiment bien loin. L’ensemble reste léger et ne tente jamais de paraitre ce qu’il n’est pas, cette dernière particularité est une bonne chose, d’ailleurs, là où d’autres se vantent de réaliser une critique acerbe de notre monde, alors qu’en réalité on a plutôt l’impression qu’un adolescent prépubère pas très futé s’est occupé de tout. On retrouve ainsi les références habituelles, et donc carrément éculées pour la plupart, comme l’on a pu l’évoquer par rapport à des géants du Web et les selfies, mais aussi via un appui carrément trop forcé sur la hipstermania. Cela est du vu et revu. Les grands-mères elles-mêmes emploient dans notre monde bien réel ce terme tout en twerkant, alors c’est franchement over fashion d’encore et toujours reprendre la même chose rentrée dans les codes mainstream depuis longtemps. Un peu d’originalité ne ferait pas de mal.

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#NoFilter

Mieux fichu du point de vue de l’infiltration, Watch_Dogs 2 devient par la même occasion plus spectaculaire, ce qui s’avère assez étonnant de prime abord. Réaliser des performances marquantes vous octroyant de nouveaux followers, ce qui est surprenant pour un hacker dont on pourrait imaginer qu’il chercherait à ne pas se montrer socialement parlant, afin d’éviter de se faire choper. On ne peut alors que relever un sourcil de manière circonspecte. Mais cela passe en réalité très bien, à partir du moment où l’on évite de se poser ce genre de questions. En somme, on mêle l’impact de ses actes au besoin de rallier des troupes toujours plus larges, celles-ci devenant essentielles afin de faire péter le système. Nos suiveurs servant à faire progresser Marcus de manière plutôt habile, de par le mélange entre univers ultra connecté et les besoins d’un jeu vidéo. Au même titre que le déblocage de missions se déroulant assez naturellement, sans la nécessité de s’accaparer un avant-poste.

Abordons plus précisément la facette infiltration/piratage, très décevante lors du premier essai d’Ubisoft, alors qu’elle semblait être l’identité même de cette nouvelle IP. Décevante à l’époque, car consistant uniquement à presser une touche pour qu’une action prédéfinie s’exécute par rapport à tel objet ou telle situation, on bénéficie désormais d’un panel de possibilités rendant l’interaction réelle, là où l’on n’était qu’un(e) simple spectatrice/teur auparavant et dont la sincérité du hacking nous laissait perplexe, puisque l’on ne choisissait rien. On se sent, grâce à cela, évoluer au sein d’un milieu plus ouvert, même si au final on ne fait que presser un bouton, donc rien de folichon pouvant nous happer dans le domaine du hacking.

Notons aussi l’utilisation de jouets pour adultes : des drones ! Un rouleur/sauteur et un qui vole, soit les deux types les plus réputés IRL. Watch_Dogs vit donc avec son temps, on pourrait même dire qu’il le rattrape, en sachant combler les manques flagrants de son déjà ancêtre. Cette doublette de gadgets permet de gérer à distance des missions demandant des capacités hors normes. Effectivement, notre héros a beau posséder un bon niveau en parkour lui permettant d’être plus à l’aise qu’Aiden dans l’environnement urbain, il ne sait pas encore voler, contrairement à l’un de ses joujoux. Tandis que l’autre sera pratique afin de se faufiler dans les conduits d’aération.

Passons des conduits à la conduite, cette dernière restant dans le haut du panier des logiciels du genre. Bien que tout ne soit pas au top au niveau de la maitrise des voitures, celles-ci restent très maniables, tout en possédant une physique tenant la route, là où les concurrents proposent plutôt des véhicules sans consistance. Malheureusement, cela ne suit pas du côté des deux roues, continuant à être le parent pauvre des engins que l’on peut contrôler dans ce style de jeux. On s’y mettra dans certaines situations, ainsi que pour essayer tout simplement, mais l’on n’y reviendra pas par plaisir. Contrairement aux phases aquatiques, tant quitter le bitume apportera de la fraicheur à chaque fois.

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California love

Pas un monde parfait, du moins dans sa réalisation, par quelques soucis techniques parfois visibles, le San Francisco de Watch_Dogs 2 bénéficie d’une superbe conception. Tant dans sa qualité visuelle, même si au final on s’en fiche un peu, que dans son level design déjà beaucoup plus important, ainsi que sa cohérence. Tout en s’avérant suffisamment varié pour être qualifié de bon choix et de réussite. Les défauts lui imputant directement (aliasing et clipping) n’entravent pas l’expérience, contrairement aux quelques bugs pouvant survenir, mais tellement rares que l’on n’aura que peu l’occasion de s’agacer après de telles failles. Même si un bogue nous faisant perdre ou nous bloquant sera toujours un bogue de trop, n’ayant rien à faire sur une aventure disponible à la vente. Toutefois, on ressent qu’au moins, celle-ci n’a pas été sortie à la va-vite.

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Comblant la plupart des trous de son prédécesseur, particulièrement ceux concernant son manque de variété dans le piratage le rendant assez scripté, Watch_Dogs 2 mérite que l’on se penche dessus, même si l’on a été déçu par le premier. L’évolution de Marcus, ainsi que la découverte de San Francisco d’une façon naturelle apportent beaucoup à l’expérience, en offrant une approche différente des mondes ouverts déjà bien connus d’Ubisoft.

Inod

Points forts :

– Panel de possibilités de piratage
– Drones et véhicules marins
– Une ville et une avancée réussies et cohérentes
– Virage dans le style, rendant le scénario meilleur que le premier…

Points faibles :

-… Cependant, rien de génial ou d’original dans celui-ci
– Les deux roues
– Rien ne nous faisant sentir que l’on est un vrai hacker

[note] La note : 15.5/20 [/note]

Développeur : Ubisoft Montréal
Éditeur :
Ubisoft
Genres :
Action/Infiltration
Supports :
PC, Xbox One et PlayStation 4
Dates de sortie :
15 novembre 2016 sur consoles et 29 novembre 2016 sur PC

 

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