Test : The Inpatient (PS VR)

Après les événements horrifiques racontés dans Until Dawn, Supermassive Games ne pouvait pas en rester là. Le studio a donc eu la bonne idée de dévoiler les événements qui se sont passés longtemps avant et de plonger le joueur au cœur du cauchemar grâce à la réalité virtuelle. Venez donc découvrir tout cela.

La genèse de l’horreur

Le joueur incarne une personne, homme ou femme, qui vient d’être admise dans le sanatorium de Blackwood, dans le but de retrouver la mémoire. L’accueil est un peu brutal, car on se retrouve sanglé à un fauteuil roulant, sans savoir ni qui on est ni ce qu’on fait là. Et ce n’est pas le personnel, au comportement assez louche, qui va rassurer. Cependant, le traitement bizarre qu’on subit n’est pas la seule chose préoccupante : l’arrivée d’un nouveau patient avec qui il faut partager la chambre va précipiter les choses. Rapidement, des événements étranges surviennent jusqu’à ce que le sanatorium devienne le théâtre d’un atroce carnage. Que se passe-t-il ici et comment s’échapper en un seul morceau ? C’est ce que le joueur doit découvrir.

Un thriller interactif

Si les premières minutes de jeu font penser à Resident Evil, on se rend rapidement compte qu’il n’en est rien. On y trouve des bâtiments lugubres assez similaires et des environnements sombres d’où proviennent des bruits angoissants, mais dans The Inpatient, l’action laisse place à des dialogues aux réponses décisives. Le personnage qu’on contrôle doit, quand il discute avec les autres, donner son avis ou simplement répondre à des questions. À chaque fois, il y a deux réponses possibles. On doit donc réfléchir avant de parler, car nos réponses vont façonner l’histoire et influencer sur le déroulement des événements. C’est ce qu’on appelle « l’effet papillon ». Ainsi, les phases d’exploration d’Until Dawn sont réduites ici à leur plus simple expression. L’essentiel du jeu est subi par le joueur qui vit ce thriller à travers les yeux de son avatar, se contentant de répondre quand on lui parle.

Heureusement, de temps en temps, il arrive qu’on puisse un peu explorer notre chambre ou le sanatorium. On en profite alors pour chercher des objets lumineux. Ces derniers, si on interagit correctement avec eux, débloquent des souvenirs de notre personnage qui lui seront utiles pour reconstituer le puzzle de sa mémoire. Mais ces séquences d’exploration sont très limitées et notre avatar peu dégourdi. Il ne sait même pas courir, ce qui énerve parfois quand on doit sillonner les longs couloirs du sanatorium.

Une immersion optimisée

Pour augmenter le réalisme et tenter d’effrayer le joueur, Supermassive Games a décidé d’exploiter le casque de réalité virtuelle de la PS4, le PS VR. Quand on se regarde, on a vraiment l’impression que le corps de notre avatar est notre propre corps. Le jeu est très réactif et retranscrit bien les mouvements qu’on fait. Pour augmenter le réalisme, au lieu de jouer à la manette, on peut utiliser le PS Move. Mais ce dernier n’est pas aussi bien exploité que dans Robinson The Journey, par exemple.

Se contenter de placer le joueur dans le jeu ne suffisait pas à Supermassive Games qui a aussi implanté un système de reconnaissance vocale très convaincant. On peut donc choisir de valider nos réponses à la manette ou, plus amusant et immersif, de les lire à voix haute, comme si on parlait aux autres personnages. La reconnaissance vocale fonctionne vraiment très bien et augmente le réalisme. Malheureusement, cela ne suffit pas à créer une ambiance vraiment angoissante.

Un jeu d’horreur pas stressant

L’ambiance de l’Amérique de 1950 est plutôt réussie et charmante. Même la bande-son est composée de vieux tubes. Le sanatorium est plutôt lugubre et, selon les circonstances, se voit décoré de taches de sang partout. Des bruits bizarres se font entendre, comme si le joueur allait tomber sur des monstres à tout moment. Cependant, il n’y a presque rien de tout ça. On a beau entendre des bêtes féroces grogner à côté de nous, il n’y a rien. On a beau voir des fantômes et des ombres menaçantes, on n’est pas attaqué. Du coup, le joueur commence par s’ennuyer. Le jeu a écopé d’un PEGI 18, or les scènes choquantes sont presque inexistantes. Jamais on ne doit échapper à des monstres en réussissant des QTE, même quand on voit des personnes se faire attaquer. Un comble pour un jeu d’horreur ! Malgré tous les événements effrayants qui se déroulent sous nos yeux, on a toujours l’impression d’être en sécurité. C’est dommage, car Supermassive Games avait réussi à créer une atmosphère oppressante dans Hidden Agenda et on s’attendait à aussi bien ici, mais ce n’est pas le cas. Tout comme l’ambiance, le niveau technique du jeu est en dessous des attentes.

Une technique un peu faible

Pour apprécier un jeu PS VR comme il se doit, il faut vraiment une PS4 Pro. Pour The Inpatient, cela se vérifie encore une fois. Sur une PS4 normale, le jeu n’a pas un rendu exceptionnel, même si cela passe plutôt bien. On passera sur les quelques écrans noirs qui surviennent régulièrement, le temps de quelques secondes, comme si l’affichage avait du mal à se faire avec fluidité. Comme d’habitude dans une production de Supermassive Games, les personnages ont des visages très expressifs et très réussis, mais le reste du corps n’est pas à la hauteur. Ils marchent de façon toujours aussi rigide, comme des pantins. En revanche, le doublage est de bonne facture et les voix françaises plutôt convaincantes.

Côté gameplay, il n’y a pas grand chose à dire : on déplace péniblement notre héros à la manette ou au PS Move, et quand il faut interagir avec l’environnement, il suffit d’appuyer sur le bouton qui s’affiche à l’écran. D’ailleurs, le jeu au PS Move n’est pas exempt de nombreux bogues de collision. Pour le reste, on se contente de faire quelques gestes. De toute façon, on est rarement amené à explorer et interagir avec l’environnement, donc ce n’est pas ça qui va nécessiter beaucoup de puissance de calcul. Le jeu est plutôt limité, ce qui est dommage.

Une démo technique au prix fort

C’est avec joie qu’on se lance dans The Inpatient, surtout si on est fan d’Until Dawn, pour découvrir une aventure atroce censée lever le voile sur les événements qui se sont déroulés 60 ans plus tôt. Malheureusement, on déchante vite : le jeu n’est qu’un thriller interactif plutôt convenu. En effet, il est facile de comprendre quelles réponses donner pour s’en tirer. Malgré l’effet papillon, l’histoire reste sans surprise et sans rebondissements. La chasse aux souvenirs ne maintient pas non plus le joueur en haleine.

L’immersion vraiment excellente est renforcée par une reconnaissance vocale vraiment efficace, mais le manque de contenu et le gameplay mollasson viennent ruiner l’expérience. Non seulement on aimerait botter les fesses de notre personnage pour qu’il se bouge un peu, mais on manque de poussées d’adrénaline et d’action ! En plus, l’aventure est ridiculement courte : 2 à 3 heures pour voir une ou plusieurs fins, même en tentant d’explorer le sanatorium ! Le manque de contenu fait cruellement défaut et le joueur a la désagréable impression d’avoir un soft pas fini entre les mains, voire une simple démo technique vantant les mérites de la reconnaissance vocale. On apprécie, en revanche, la version française intégrale et la cinétose plutôt faible provoquée par le PS VR.

S’il est vraiment bien d’avoir expliqué les raisons de la fermeture du sanatorium, The Inpatient n’est pas à la hauteur des attentes des joueurs qui y réfléchiront à deux fois avant de payer le prix fort pour une expérience – certes intéressante – mais bien trop courte, mollassonne et qui ne fait même pas sursauter ! The Inpatient aurait pourtant fait merveille en tant que DLC gratuit pour Until Dawn.

Manette compatible :

manette-ps4 

Position pour jouer :

Assis

 

Enguy

Points forts :

– Version française intégrale
– Immersion excellente
– Reconnaissance vocale bluffante
– Fins multiples

Points faibles :

– Un jeu d’horreur qui ne fait pas peur !
– Histoire classique et prévisible
– Jeu très court (2 à 3 heures)
– Personnage lent et mou
– Film interactif et non jeu d’action

[note]LA NOTE : 12/20[/note]

Éditeur / Développeur : Sony Interactive Entertainment / Supermassive Games
Genre : action, horreur, film interactif
Supports : PS VR (PS4)
Date de sortie : 24 janvier 2018

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