Test : Fallout 4 (Xbox One)

fallout 4 logoSept longues années se sont écoulées depuis la sortie de Fallout 3. Sept années pendant lesquelles Bethesda a passé du temps sur son autre série phare, The Elder Scrolls, et un certain Skyrim dont Fallout 4 reprend certaines idées. Un comportement naturel, étant donné que Skyrim est considéré comme une référence dans les RPG occidentaux en monde ouvert.
Sans être une suite directe de Fallout 3, Fallout 4 n’est pas non plus un simple clone de Skyrim, comme vous allez le voir immédiatement.

Bienvenue dans l’enfer atomique

Le jeu commence en octobre 2077, dans un futur proche très inspiré des années 60, marque de fabrique de la série. Un jeune couple avec un bébé vit paisiblement dans un quartier résidentiel chic de la banlieue de Boston. Un démarcheur vient les convaincre d’accepter une place dans l’abri anti-atomique de leur quartier, généreusement offert par la société Vault-Tec, dans l’éventualité d’une guerre nucléaire. À peine la proposition acceptée, les sirènes retentissent et l’évacuation commence. Le couple est tout juste arrivé à l’abri que des bombes éclatent. Il est alors séparé pour être enfermé dans des capsules cryogéniques, une surprise bien cachée qui en cache une autre : le meurtre du conjoint et l’enlèvement du bébé. Suite à un dysfonctionnement de sa capsule, le personnage principal est réveillé et invité à sortir pour découvrir un monde dévasté en pleine reconstruction, mais… 210 ans plus tard !

Basiquement, on retrouve le scénario de Fallout 3 et l’idée de base de la série : la survie et la reconstruction d’une société après l’anéantissement du monde suite à une guerre épouvantable qui a presque anéanti l’humanité. Mais il faut également comprendre ce qui s’est réellement passé, pourquoi le bébé a été enlevé, tenter de le retrouver s’il est encore en vie, en savoir plus sur Vault-Tec et ses abris, découvrir ce que le monde est devenu pendant ce long sommeil. Des tas de questions auxquelles il faut trouver des réponses, tout en survivant dans un monde hostile et dévasté où les radiations dues aux retombées atomiques sont loin d’être la menace la plus dangereuse. Les options de création du personnage sont assez similaires les unes des autres : la coupe courte est presque identique à la coupe « calvitie » ou « pervers », on se retrouve donc avec de nombreuses redondances. Par ailleurs, les noms de ces options ne font pas dans la délicatesse, ce qui fait un peu mauvaise impression au début du jeu pour ceux qui ne sont pas habitués à l’humour un peu spécial de Fallout.

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Un Skyrim futuriste, mais pas que !

Fallout 4 se présente comme un action RPG en temps réel dans un vaste monde ouvert avec une vue à la première ou troisième personne. On peut basculer de l’une à l’autre quand on le désire. Les habitués de The Elder Scrolls et de Skyrim retrouveront rapidement leurs habitudes : en effet, on avance progressivement en explorant minutieusement les alentours, à la recherche de nombreux objets, armes, ustensiles, denrées alimentaires, vêtements et autres matières premières nécessaires à la survie. Chaque bâtiment, même en grande partie détruit, peut cacher des secrets ou des ennemis terrifiants. Heureusement, le joueur peut compter sur son Pip-Boy, petit appareil électronique qui permet d’afficher les statistiques, l’inventaire, les compétences, la carte, d’écouter la radio (afin de glaner des informations intéressantes) et maintenant de jouer à des mini-jeux, une amélioration amusante qui nécessite au préalable d’avoir trouver les articles adéquats durant l’exploration. Explorer permet de gagner de l’expérience en découvrant de nouvelles zones ou en abattant des ennemis. La création d’objet fait aussi gagner de l’expérience pour améliorer son personnage ou ses compétences, regroupées sur un dépliant caricatural dont la réplique papier est fournie avec le jeu.

Dans Fallout 4, on peut ramasser pratiquement tout ce qu’on voit, d’un simple fruit sur des arbustes aux armes des ennemis, en passant par des objets de la vie quotidienne (verres, cafetières, plaques chauffantes, magazines, jouets, drapeaux, brosses etc) et des vêtements (smokings, robes, bandanas, casquettes, armures et plus encore). L’inventaire se remplit très vite, mais on peut stocker nos trésors un peu partout et y accéder depuis de nombreux endroits. La collecte d’objets n’est pas à négliger, car les choses les plus anodines peuvent devenir des matières premières indispensables à la création d’armes, d’armures ou d’éléments importants.

Ainsi, on est amené à passer du temps à tout fouiller, lire les notes laissées un peu partout pour découvrir des caches secrètes, bref à explorer minutieusement un vaste monde ouvert. En 200 ans, le monde a bien changé et la technologie a évolué : les robots sont donc présents un peu partout, soit pour défendre une zone alliée soit pour protéger des structures renfermant des dispositifs utiles. Ainsi, on est amené à lutter contre des créations reflétant l’évolution technique : du simple robot-méduse très « sixties » à l’humanoïde perfectionné (les synthétiques) en passant par des hybrides bizarres, le joueur est plongé dans un univers mélangeant les époques. Il en va de même pour les armes : de la simple matraque au fusil laser en passant par le mini-gun, Fallout 4 propose un arsenal très complet aussi bien ancien qu’high-tech qui permet plusieurs styles de combat et ravira de nombreux joueurs. Cette bizarrerie propre à la série est toujours accentuée par les factions qui luttent pour prendre le contrôle du monde et instaurer leur vision de l’avenir de l’humanité : si les miliciens (presque anéantis) se prétendent humanistes, ils adoptent un look et des mœurs dignes de la guerre de sécession, tandis que la confrérie de l’acier (petit clin d’œil à un ancien épisode de l’ère PS2 – Fallout Brotherhood of Steel) possède un fonctionnement rappelant le moyen âge, malgré son armement perfectionné. Plus que jamais dans la série, Fallout 4 semble mélanger les époques et les genres afin de créer l’atmosphère d’un monde qui combat pour se trouver une identité, et cela fonctionne incroyablement bien.

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Une plongée immédiate dans l’action

À la différence des RPG récents où le jeu ne démarre véritablement qu’au bout de plusieurs heures et où les fonctions intéressantes ne sont généralement disponibles qu’à mi-partie, Fallout 4 permet de tout faire dès le commencement. À peine sorti de l’abri, on tombe sur son premier compagnon, un adorable chien qui sait aussi bien attaquer que chercher des ennemis ou des objets. Plusieurs interactions utiles sont disponibles. On a également rapidement la possibilité d’obtenir d’autres compagnons comme une chienne ou un robot. De même, les factions apparaissent dès le départ à travers des quêtes plus ou moins obligatoires et si on n’y prête pas attention, on se fait rapidement recruter par l’une d’elles. Les armures assistées, les énormes exosquelettes qui ressemblent à des scaphandres de combat dignes de Gears of War sont aussi disponibles dès le début. On peut également découvrir le nouveau système de création d’objets dès les premiers pas dans ce nouveau monde.

La grosse nouveauté de Fallout 4, c’est son système de construction repensé. Les autres, les armures et les armures assistées sont toutes modifiables pour augmenter leurs performances dans des ateliers spécifiques à la manière de Skyrim. La création de drogues pour doper le personnage est aussi un exercice intéressant pour ceux qui veulent bénéficier de bonus temporaires non négligeables. Mais il existe un autre atelier qui, une fois activé, permet de se déplacer librement dans une vaste zone délimitée par un halo vert, afin de transformer entièrement le périmètre : on peut ainsi construire de nouvelles pièces, créer des boutiques, placer des clôtures, changer le mobilier, installer l’électricité, améliorer les défenses etc. Cependant, de nombreuses ressources sont nécessaires : il faut donc recycler les éléments du décor qui semblent inutiles pour les transformer en matériaux de base. Cette nouvelle fonctionnalité demande du temps pour pouvoir créer des zones de sécurité qui vont permettre d’attirer des survivants et de voir émerger de nouvelles communautés afin d’augmenter sa réputation. Un système propre à la série qui va plus loin dans ce nouvel épisode.

Les développeurs ont ainsi eu la bonne idée de zapper le tutoriel pour placer le joueur au cœur de l’action au service d’un scénario captivant qui reste cohérent. En effet, les nombreux personnages rencontrés et les zones visitées débloquent une quantité importante de quêtes toutes en relation avec l’histoire. On en apprend ainsi naturellement plus sur les terres désolées, le « Commonwealth », qui n’est qu’une petite partie du monde dont nous parle les survivants et qui semble plus sauvage et mortel que le reste.

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Une nature très hostile

Les retombées radioactives ont transformé le monde en une terre désolée où tout est contaminé : l’eau, la viande ou toute autre denrée comestible redonnent des points de vie, mais augmentent le taux de radiation du personnage. Il faut veiller à décontaminer l’eau ou avoir une réserve de produits pouvant décontaminer l’organisme, le « rad away ». Les radiations ont fait muter les organismes vivants et les créatures les plus insignifiantes sont devenues de redoutables prédateurs : attention donc au scorpion géant, mais aussi aux humains mutants qui veulent exterminer les survivants ou aux goules, humains rongés par les radiations et qui se comportent comme des zombies. La bande-son, toujours aussi soignée, permet d’anticiper les menaces : quand des ennemis sont proches, la musique devient stressante et pesante, alors qu’elle est plus joyeuse une fois les adversaires vaincus. On apprécie le gros travail effectué sur les textures et le level design pour créer un monde post-apocalyptique en perdition depuis plus de deux siècles. Si tout paraît effectivement à l’abandon, en revanche le même soin n’a pas été apporté à tous les décors. Pour la première fois dans Fallout, la météo est changeante : si certains paysages sont magnifiques au lever du jour, en revanche quand la brume se forme, ce même paysage très attirant peut devenir d’une laideur incroyable avec des graphismes indignes de la XBOX ONE. Cela souligne peut-être le caractère inhospitalier des lieux, mais c’est loin d’être agréable à regarder.

Bienvenue dans Fail Out !

Si un gros travail a été effectué pour améliorer l’expérience Fallout, et faire de Fallout 4 un épisode plus excitant que le 3, en revanche les gros défauts des séries phares de Bethesda subsistent. De part son gameplay similaire à The Elder Scrolls, Fallout 4 hérite aussi de ses ratés ! Comme dans The Elder Scrolls, les indications affichées à l’écran pour arriver à destination sont peu utiles et obligent à consulter régulièrement la carte sur le Pip Boy. Les adversaires ont un comportement assez basique qui consiste souvent à se ruer sur le joueur. Le jeu est plein de bogues plus ou moins gênants, la plupart concernant l’affichage et n’ayant pas une grosse incidence sur les événements, sauf un problème spécifique à cette version XBOX ONE. Il peut arriver que les dialogues ne fonctionnent pas : en parlant à un personnage, on voit juste ses lèvres remuer. Le son n’apparaît que quand on ouvre le menu de sauvegarde, mais les options de réponse disparaissent. Impossible, dans ce cas, d’avancer dans l’histoire. Quand ce bogue survient, la plupart des interactions avec les objets ou les PNJ ne fonctionnent pas non plus. C’est très gênant quand il survient dès qu’on lance le jeu, car il est impossible d’aller plus loin que la création du personnage et il faut désinstaller puis réinstaller le jeu en croisant les doigts pour que cela ne se reproduise pas à nouveau. Cela peut faire perdre beaucoup de temps, et si c’est le bogue le plus handicapant, il s’ajoute en fait à la longue liste des petits problèmes répertoriés par les joueurs qui peuvent rendre certains objets ou certaines quêtes inaccessibles/infinissables.

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Le meilleur de Bethesda, malgré ses défauts

Je ne suis pourtant pas fan de Fallout 3, que Bethesda a généreusement offert en DLC avec le jeu, pourtant j’ai tout de suite accroché à Fallout 4. L’humour propre à la série est toujours présent, bien que moins flagrant. C’est surtout son mélange d’ambiance rétro ancrée dans les années 60 et d’univers post-apcalyptique futuriste à la Mad Max qui fait mouche. Le scénario est digne des plus grandes productions et toutes les quêtes sont naturellement à son service, sans fausse note. Le gameplay reprend le meilleur de la série, augmenté du meilleur de The Elder Scrolls, pour une expérience de jeu renouvelée. On apprécie le nouveau système de création, bien plus important qu’avant, et les petits détails comme la météo changeante, même si visuellement, ce n’est pas toujours très beau. La version française intégrale est impeccable avec des doublages de qualité. Les nombreux compagnons disponibles, l’arsenal très complet et l’équipement aussi fourni que surprenant permettent de personnaliser l’expérience en douceur. Il y a énormément de choses à faire grâce aux nombreuses quêtes ou à l’artisanat, la cuisine. Ainsi, Fallout 4 est un jeu passionnant qui nécessite un investissement en heures conséquent. On peut heureusement sauvegarder à tout moment pour des parties longues ou courtes. Si les graphismes sont améliorés par rapport à l’épisode précédent, le jeu oscille entre le très beau et le vieillot, ce qui est un peu dommage. Mais ce sont surtout les nombreux bogues qui peuvent énerver le joueur. Fallout 4 compense ce défaut par son gameplay simple d’accès et très riche, son univers captivant qui permet de retrouver le célèbre Pip-Boy mais aussi les capsules de Nuke Cola et offre au joueur un vaste monde à explorer et à reconstruire.
Qu’on soit fan ou non de la série, Fallout 4 représente un excellent titre pour les amateurs de RPG ou d’aventure/action, servi par une bande son qui colle parfaitement au jeu.

Enguy

Points forts :

– Ambiance post-nucléaire très réussie
– Un univers cohérent qui mélange les époques/styles
– Version française excellente
– Bande son qui colle admirablement à l’action
– Météo changeante
– Système de création/artisanat repensé et très riche
– Durée de vie énorme

Points faibles :

– Beaucoup de bogues
– Graphismes pas toujours à la hauteur
– Options de création du personnage peu diversifiées
– Carte affichée peu utile
– IA des adversaires assez faible

[note]La note Gamingway : 14/20[/note]

Développeurs : Bethesda Softworks
Genre :
RPG / action
Supports : Xbox One, PC, PS4
Date de sortie : 10 novembre 2015

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