Avis : Final Fantasy VII voit flou sur Switch

Voilà qui devrait faire plaisir au 18-25 ! Notre avis express, en photos et vidéos, de ce classique du jeu vidéo.

Après plus de vingt ans d’attente, la suite de Final Fantasy VI est enfin revenue au bercail, sur une console de la marque qui a bercé la série pendant ses meilleures années : chez Nintendo. Cet épisode n’a jamais été beau, tout du moins à mes yeux. Alors que mes camarades collégiens fantasmaient sur les images diffusées dans un magazine qu’ils feuilletaient en cours de français en 1997, je leur pointais du doigt Mario 64 et Goldeneye ainsi que l’ouvrage qu’on était censés lire. Quand ils ont passé l’année 1998 à farmer des materia ad nauseum, s’excitant sur la qualité incroyable des vidéos, je me demandais s’ils ignoraient l’existence d’Ocarina of Time, mais aussi s’ils me laisseraient jouer à leur truc. Les larmes qui coulaient sur leurs joues à la mort d’Aeris me fîmes me demander si le sacrifice de Nei dans Phantasy Star II avait servi à quelque chose. C’était néanmoins avec plaisir que j’acceptais ces CD totalement légaux du portage PC et de m’apercevoir que ce n’était effectivement pas très joli… même si c’était sympa, toutes proportions gardées.

Avant de retrouver le chemin de la maison, Final Fantasy VII est passé par tous les supports possibles et inimaginables ou presque. Il ne manquait plus que la concurrence directe, Microsoft et Nintendo. C’est maintenant chose faite avec cette version mieux pensée que celle de Final Fantasy IX, bien que des racines mobiles se fassent toujours sentir. Le bon point est que la police d’écriture initiale a été gardée, nous n’avons pas droit au Comics Sans MS et compagnie habituels. On a bien une introduction assez immonde à peine l’application démarrée, des crédits mi-rétro mi-iOS, mais la douleur n’est que de courte durée et l’euthanasie possible grâce au bouton start plus. Le mauvais point est le flou appliqué sur chacune des lignes, un filtre impossible à désactiver, bien que relativement tolérable.

 

Les textes débordent pendant que les décors bavent, jurant avec la netteté typiquement HD des modèles 3D. On est bien face à du 1080p on ne peut plus carré, c’est rien de le dire. Les élans de nausées que je pouvais avoir à la fin des années 90 me reviennent par vagues, réussissant à empirer des souvenirs déjà bien sombres. Pourquoi ne pas nous autoriser à remettre l’apparence pixelisée d’origine ? Des filtres manuels, peut-être ? Ces jeux d’un autre temps ont été créés avec en tête des écrans à tube cathodique naturellement flous, altérant certaines couleurs et aux rafraîchissements spécifiques. On ne s’attend pas à ce que les développeurs se mettent à travailler correctement alors qu’ils peuvent se faire de l’argent facile, on aurait juste beaucoup apprécié avoir le choix dans la date (de sortie chez Nintendo, 20 ans de retard quand même, aucune contrepèterie), comme dans l’apparence. En attendant, c’était laid et c’est toujours laid. Dieu que c’est laid. Vilain, vilain, vilain, ça ne l’a jamais autant été.

 

La traduction reste la même que celle d’origine avec ses verrues, boutons et tournures de phrases à donner une crise cardiaque à votre professeur de français. Déjà particulièrement brillante dès mon plus jeune âge, je me souviens utiliser mes capacités mentales supérieures pour tourner en dérision l’illettrisme inné de ce mauvais soft de Square que je repérais lors des mes dizaines d’heures passées dessus sur mon ordinateur. Nintendo et SEGA étaient bien meilleurs que Sony en tous points, impossible d’en douter. Aujourd’hui, bilingue que je suis, mes appareils sont tous en anglais, ce qui me permet de fuir de base cette horreur linguistique francophone pour l’anglophone, sacrément américanisée, comme a pu le prouver mon idole Tim Rogers. Pourquoi pas en japonais, si je suis l’élite intellectuelle comme je le clame ? Vous posez trop de questions, je trouve…

Square Enix a tout de même pris le temps d’altérer les différents tutoriels, remplaçant les X et O par B et A, sans compter les mentions des boutons de direction. Un effort appréciable donnant presque la sensation que FF7 se sent bien au chaud chez lui ! De nombreux raccourcis directement issus de la version mobile sont disponibles, comme la possibilité de faire tourner le titre trois fois plus vite ou de se régénérer intégralement par la simple pression d’une touche.

Un peu de la triche ? Disons plutôt qu’avoir le choix ne peut faire que des heureux ; bonne chance pour retenir le tableau récapitulatif des contrôles, vous ne le verrez qu’une fois au début. Les temps de chargement étant inexistants, vous allez recommencer plusieurs fois si vous oubliez de prendre une photo… Heureusement que nous sommes là !

Le portage de Final Fantasy VII sur Switch accomplit avec brio le minimum qu’on lui demandait !… Ce qui est déjà mieux que sa petite sœur numéro IX, infestée d’ADN de smartphone à outrance. Rien de tout ça ici, mais rien de spécial non plus, si ce n’est pour les options de jeu. La seule différence est que je peux enfin avouer que le titre est plutôt sympa, maintenant que je peux y jouer sur une console qui lui était dédiée. Aucune rancune de ma part, évidemment. Ses vingt dernières années n’ont été qu’un cauchemar !

Marynou

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