Test : Sherlock Holmes Crimes & Punishments (PS4)

CRIMES&PUNISHMENTS_PS4_INT_pack2DLe célèbre détective imaginé par Sir Arthur Conan Doyle reprend du service après un petit relooking : son style un peu plus moderne et ses capacités mieux mises en valeur vont-ils toujours séduire ses fans de plus en plus nombreux ? La réponse un peu plus bas.


Le renouveau du Point & Clic

Amorcée en 2000 sur PC, la série des Sherlock Holmes a su redynamiser le point & clic traditionnel en l’orientant plus vers un style d’enquête à la 3e personne. Crimes & Punishments continue dans ce sens : en incarnant pour la première fois le célèbre détective, le joueur évolue dans des environnements en 3D les plus grands de la série, à la recherche d’indices et d’éléments pour faire la lumière sur des affaires mystérieuses. Les écrans ne sont plus fixes et il faut regarder partout, dans des décors ouverts, pour ne laisser échapper aucun détail. On se rapproche d’ailleurs du gameplay de Murdered Soul Suspect.

Comme dans Resident Evil, quand Sherlock Holmes découvre des objets, il peut les retourner dans tous les sens pour en percer tous les secrets. Parfois, des mini-jeux se déclenchent : puzzles en 3D sur différents plans, anneaux à faire tourner, parties de bras de fer etc. Holmes a fort à faire pour résoudre ses enquêtes ! Heureusement, on peut passer les énigmes les plus délicates d’une simple pression sur le pavé tactile, afin de ne pas rester bloqué bêtement.

Ce nouveau genre de point & clic s’adapte bien à la manette de la PS4 : le stick gauche contrôle Holmes et le droit la caméra, qui réagit parfaitement et ne se coince jamais dans des endroits peu pratiques. La touche « carré » donne accès au journal du détective, menu très utile pour le joueur car il regroupe les cartes, portraits des personnages interrogés, dialogues (afin de ne rater aucun détail important), preuves et objectifs à accomplir.
Crimes & Punishments essaie de mettre en valeur les capacités mentales exceptionnelles du détectives. Ainsi, la touche « triangle » permet d’accéder aux cellules grises du héros afin de faire des associations d’idées entre les différents indices récoltés pour faire des déductions donnant des possibilités multiples afin d’arriver à désigner un coupable. La touche R1 est associée au talent de vision et met en surbrillance des éléments que les autres personnes ignoreraient. Enfin, la touche L1 permet, sous certaines conditions, d’imaginer des scènes ou de voir des objets disparus. Holmes paraît donc avoir des sortes de « super-pouvoirs ». Enfin, on passe facilement d’une vue à la troisième personne à une vue à la première personne par une simple pression sur la touche « rond », ce qui facilite grandement les recherches !

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Disciple ou maître de Phoenix Wright ?

Cela n’échappera pas aux fans du détective japonais : faire des aller-retour incessants entre différents lieux pour récolter des indices et interroger des suspects ressemble beaucoup à Ace Attorney. Ce nouveau Sherlock en emprunte quelques mécanismes : quand on rencontre un personnage clé, on peut en faire son portrait puis faire sauter des verrous pendant les interrogatoires. Quand on pose certains questions, des QTE de dialogue peuvent se déclencher et il faut vite appuyer sur « carré pour ensuite faire le lien avec les indices découverts jusqu’à présent, afin de faire dire au suspect ce qu’il cache. En revanche, à l’inverse d’Ace Attorney, il ne faut pas fournir de preuve et les déductions sont souvent évidentes.

En revanche, pour se différencier de la série japonaise, Sherlock Holmes a des choix moraux à effectuer après avoir désigné un coupable : le joueur peut l’envoyer le condamner ou l’absoudre s’il considère qu’il n’est pas totalement responsable. Ces choix moraux sont ensuite évalués à la fin de chaque enquête et déterminent le profil psychologique d’Holmes. Autre différence : Holmes dispose d’archives et de matériel scientifique offrant des informations complémentaires ou permettant des expériences sous forme de mini-jeux, ces deux méthodes faisant toujours avancer le joueur dans son enquête.

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Un peu trop élémentaire, mon cher Watson !

Ce que les fans veulent, c’est une adaptation fidèle de leur héros préféré. Si l’ambiance de la fin du XIXe est plutôt bien retranscrite, on a un détective un peu plus moderne même si, physiquement, il reste assez fidèle à l’œuvre de Conan Doyle. On reconnaît ses habits caractéristiques au premier coup d’œil, mais il ne fume pas que la pipe !
Le jeu s’avère relativement facile, car un peu trop guidé et le joueur est souvent limité à un rôle de spectateur. Si quelques mini-jeux vont vous faire un peu réfléchir, dans l’ensemble ils ne sont pas compliqués voire évident. Il en va de même pour les QTE de texte ou les enquêtes : les déductions tombent presque sous le sens. Par exemple, dans la deuxième enquête, on découvre qu’un vieil aiguillage fonctionne encore donc on devine que le train a pu être aiguillé différemment, il n’y a pas d’autre solution possible.  Malheureusement le jeu oblige à activer la capacité spéciale d’imagination de Sherlock Holmes pour montrer au joueur que le train a pu être dirigé ailleurs. On a alors l’impression d’être un peu pris pour un imbécile et que le jeu ne cherche pas trop à faire réfléchir, ce qui gâche un peu l’expérience.

D’un point de vue technique, les développeurs ont abandonné leur moteur graphique maison pour l’Unreal Engine qui donne un jeu assez beau et détaillé. Ce qui frappe, ce sont les visages très expressifs qui sont vraiment bien modélisés. En revanche, les animations ne sont pas toujours à la hauteur : quand il marche, Holmes a des allures de pantin maladroit. Certains éléments sont également maladroitement implantés comme les feuilles poussées par le vent qui ne semblent pas voler de façon naturelle. Crimes & Punishments est donc techniquement plus abouti que les épisodes précédents mais n’est pas encore à la hauteur de la PS4.

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Divertissant mais sans plus

Si on apprécie grandement d’incarner le célèbre détective et de pouvoir utiliser/matérialiser ses capacités intellectuelles hors du commun, on regrette de ne pas pouvoir faire fonctionner plus notre propre cervelle. Trop dirigiste, le jeu donne l’impression d’une oeuvre interactive dans laquelle le joueur est plus spectateur qu’acteur.

Si le niveau technique reste moyen, ce n’est pas bien gênant car cela reste plutôt beau, même si les temps de chargement entre les différents lieux sont très longs. C’est surtout l’adaptation un peu sommaire de l’univers imaginé par Conan Doyle qui va déplaire : le Dr Watson ne sert pas à grand-chose, pas plus que l’inspecteur Lestrade ou Mrs Hudson ! Les 6 enquêtes du jeu sont totalement inédites et frôlent parfois le fantastique. Holmes est toujours aussi flegmatique, mais pas aussi « British » qu’on l’imagine !

Concernant la durée de vie, elle reste correcte car chaque affaire nécessite environ 2-3 heures pour être résolues. En revanche il y a peu de rejouabilité car, avant de désigner un suspect, on peut vérifier si on s’est trompé ou non et ensuite changer d’avis après avoir vu la fin qu’on a imaginé. On n’a donc pas à refaire chaque enquête plusieurs fois pour voir tous les dénouements possibles. Cela permet d’attirer un public plus large car ces éléments font de Crimes & Punishments un jeu agréable, simple et accessible à tous, mais comparé aux autres point & clic ou séries d’investigation il n’est pas aussi prenant et un peu trop facile.

Enguy

Points forts :

– On incarne enfin Sherlock Holmes !
– Mélange de point & clic et d’investigation
– 6 enquêtes inédites
– Simple et accessible à tous
– Jouabilité excellente à la manette

Points faibles :

– Univers de Sherlock Holmes sommairement adapté
– Trop facile pour un jeu de réflexion !
– Niveau technique moyen
– Temps de chargement énormes

[note]La note Gamingway : 14/20[/note]

Développeur : Frogwares
Genre : point & clic, investigation
Support : PC, PS3, PS4, XBOX 360
, XBOX ONE
Date de sortie : 30 septembre 2014

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