Test : Rambo The Video Game (PS3)

rambo-the-video-game-jaquette-coverSouvenez-vous l’été 2011… La nostalgie s’empare de votre corps, vous vous rappelez de l’annonce d’un jeu vidéo : Rambo, par Reef Entertainment. Il est vrai qu’en fin de compte, on n’en a pas véritablement de souvenirs, le studio n’ayant apparemment pas privilégié la débauche de communication qui se fait souvent aux frais du développement. Souhaitons donc qu’il s’agisse bien là de la raison qui aura fait de la sortie récente de ce jeu, quasiment une surprise.

La guerre rend moche

Peut-on encore spoiler la licence Rambo ? Probablement, pour la jeune génération, mais ce jeu étant accompagné d’un PEGI 18+, ces jeunes sauront être intelligents en ne lisant pas cet article… ou alors lisez-le, mais juste pour l’article et non pour le jeu dont vous n’êtes pas la cible.

John Rambo est un militaire du genre ultra musclé, peu loquace, capable de neutraliser à mains nues tout un régiment, en somme, une machine de guerre.

Débuté par un roman, Rambo sera évidemment porté par la suite au cinéma, le soldat de l’oncle Sam prenant les traits de Sylvester Stallone. Ce dernier incarnant à la perfection le personnage, il savait déjà jouer l’émotion dans Rocky et son physique colle on ne peut mieux. Aujourd’hui encore, on ne voit pas qui d’autre aurait pu l’interpréter. JCVD ? Chuck Norris ? Steven Seagal ? Non, personne. Hormis peut-être Jackie Stallone

La trilogie des romans et films a pris fin en 1988, pour finalement voir le retour du guerrier solitaire sur grand écran en 2008. Ce dernier n’étant pas pris en compte pour cette adaptation vidéo-ludique, se concentrant uniquement sur les trois premiers films.

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Nhan quyen

On ne va pas vous gâcher la mise en situation de l’histoire, celle-ci étant vraiment bien sentie, il est préférable d’en garder la surprise. Sachez donc simplement que vous revivrez certaines scènes emblématiques, dans l’ordre évidemment, des films de un à trois.

Notre Johnny national, si l’on est également américain, démarre son aventure en pleine guerre du Vietnam. Une cinématique nous démontre son aisance à se libérer seul des ennemis l’ayant capturé, puis on nous lance dans une phase d’action.

Et là surprise ! Alors que l’on s’attend avec un jeu Rambo à contrôler ce beau ténébreux, soit avec pléthore d’armes, soit juste avec sa b… ande frontale et son couteau, le tout dans une débauche d’action, en courant, sautant, mitraillant ici et là. Un peu à l’instar des jeux sortis sur 8 et 16 bits, qui auraient été mis au goût du jour. Mais non, on se retrouve finalement dans un rail shooter.

Pas de possibilités donc d’aller où l’on souhaite, nous sommes guidés par des rails, afin d’égorger ou mitrailler un ennemi. Ou bien juste l’assommer, voire le désarmer en lui tirant dessus, tout en évitant les points vitaux. Il ne s’agit évidemment pas d’un détail, John Rambo étant contre ôter la vie. Ce logiciel également, puisque que tuer vous coûtera des points. Oui vous avez correctement lu, tuer dans un jeu vidéo diminuera vos points, n’en déplaise aux détracteurs de notre passion. Enfin tirer dans la tête rapportera tout de même plus de points, que toucher en plein cœur ou ailleurs l’escadron déboulant devant vous.

Mais une seconde phase de jeu existe, celle des Quick Time Events. Dur d’être fan de ce principe, largement plus vidéo que ludique. Néanmoins, certains sont très bien placés dans Rambo The Video Game. On retiendra particulièrement l’évasion du commissariat. Fidèle à la scène du long-métrage, cette séquence spectaculaire se prête vraiment bien aux QTE et apporte une certaine tension.

D’autres QTE sont moins prenants, mais finalement leur utilisation à certains moments, comme en montagne ou dans la jungle, marche également. Les réussir avec un timing parfait vous permettant de juste assommer l’adversaire, tandis qu’une réussite seulement bonne vous le fera assassiner. Comme vous l’aurez compris, votre total de points risquera d’en être divisé. Cela rendant ce gameplay moins gadget qu’à l’accoutumé.

On regrette en revanche que le rail shooter et les QTE ne soient pas suffisamment fusionnés. Lorsque Rambo termine une série de shoot, son changement de place est intégralement automatique, alors que l’on aurait pu sauter par-dessus cette voiture de flics en appuyant sur triangle par exemple.

A certains endroits, les deux systèmes de jeu sont légèrement mêlés. Comme du tir, puis éviter une roquette, une nouvelle séquence de shoot et ainsi de suite. Mais on se dit souvent ici et là, qu’un petit QTE aurait pu être ajouté parmi toute cette action frénétique et inversement.

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Armé et dangereux

Pour arriver à ses fins, Rambo pourra bénéficier d’un matériel conséquent, mais pas gratuit. Attention, point de micros paiements, mais plusieurs défis à relever au sein même du jeu. Comme réussir un certain nombre de headshoots dans un niveau, ne réaliser que des QTE parfaits dans un autre, désarmer et non assassiner lors d’une séquence précise… Chaque challenge débloquant une arme dans diverses catégories d’artillerie :  légère, moyenne, lourde et spéciale.

Mais pour rester fidèle aux films, l’arc nous sera prêté durant certaines scènes, nous permettant de rester discret avec de simples flèches ou de tout faire exploser si elles sont enflammées.
Parfois même nous bénéficierons d’un lance-roquettes pour conclure une mission en explosant un hélicoptère.
Sans oublier que l’on pourra prendre possession de véhicules, dont un hélicoptère d’ailleurs, avec toujours une jouabilité de qualité pour allumer le vil assaillant.
L’aventure nous fait donc voyager sur la terre ferme, en mer et dans les airs, dans des horizons différents : Vietnam, Etats-Unis ou encore la Thaïlande.

Les capacités de John sont également évolutives, grâce à des points de compétences remportés suite à nos performances. La résistance, la rage, l’équipement spécial, l’artillerie légère, ainsi que la lourde, pouvant être améliorés. Sans oublier des capacités spéciales gagnées au fil de l’aventure, servant à équiper Rambo et ainsi lui permettre d’accroitre sa récupération, d’être plus efficace…

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The expendables

De moins en moins courant dans le jeu vidéo, un mode multi coopératif en local est proposé. Avant même de s’y essayer, on est donc ravi qu’il soit présent.

Manettes en main, on découvre que seule l’arme du Joueur Un est présente à l’écran, dans une position axiale comme en solo. Le viseur rouge reste également. Le Joueur Deux sera lui uniquement représenté par un viseur bleu, sans arme visible, néanmoins celle-ci est bel et bien active.

On est légèrement surpris lorsqu’on lance sa première partie, puisque l’on se demande où peut bien être passée l’artillerie de l’un. Finalement, cela n’entraine pas d’incidence sur la jouabilité. Tout restant clair et fluide. C’est uniquement le réalisme qui en prend un coup.

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Over the Rambo

L’ambiance sonore ravira les aficionados de Rambo, les dialogues étant présents lors des cinématiques et l’on y ressent cette saveur 80’s. La piste audio semblant tout droit sortir de nos VHS. Ce qui pourrait être un défaut dans un jeu lambda, devient juste une feature nostalgique du plus bel effet.

Graphiquement, les cinématiques sont assez jolies et nous plongent dans l’ambiance. On souffre avec notre triste héros et l’empathie est immédiate, même pour ceux n’ayant pas vu les films. Et malgré certains de ses actes, il est dur de ne pas ressentir la souffrance de cet homme délaissé et regardé de travers, alors qu’il a fait ce qu’on lui demandait.

Sly reconnaissable au premier coup d’œil, devient évidemment un autre point fort du jeu. Retrouver ce mythe, l’incarner, étant déjà quelque chose en soi. A l’instar d’une autre surprise, celle de la sortie de Rocky sur GBA, NGC, PS2 et Xbox en 2002.

Durant les phases de jeu, le niveau graphique diminue, comme pour à peu près tous les jeux, donc on ne leur en veut pas pour ça précisément. Monsieur Sylvestre reste lui de bonne facture. Ce sont principalement les personnages à éliminer, enfin à désarmer ce sera mieux, qui font baisser la qualité. Evidemment on se retrouve avec tel type de soldats, de commandants… se ressemblant trait pour trait. Là encore, les autres jeux font pareil. Mais cela les rend beaucoup plus anecdotiques, ce qui est dommage.
La scène en QTE dans le commissariat, nous propose elle les personnages du film, avec leurs distinctions physiques et vestimentaires. Cela amenant une touche identitaire de qualité, que l’on souhaiterait retrouver à chaque fois.

Si beaucoup regretteront évidemment l’impossibilité de contrôler Rambo en dehors de rails, il faut néanmoins se rendre à l’évidence sur la grande majorité des FPS et TPS : vous avez beau bouger votre personnage vous-mêmes, tout est aussi scripté ! A partir de là, il suffit de prendre ce jeu pour ce qu’il est : un rail shooter avec des QTE et non un jeu bac à sable ou de rythmes. Et il fait vraiment bien les choses dans son genre. Une bonne partie des QTE étant d’ailleurs intéressante, car justifiée dans le type de séquence. Tandis que les phases de shoots sont tout bonnement réussies. Mais ce qui fait que Rambo The Video Game va plus loin que les autres jeux de tir, ce sont les émotions transmises. On est littéralement captivé par l’histoire et son atmosphère, y rester insensible serait étrange. Il est tellement rare de ressentir ce type de sentiments dans un jeu vidéo, qu’on ne peut que le féliciter.

Inod

Points forts :
– L’émotion
– Les dialogues d’époque
– Jouable à 2
– 3 niveaux de difficulté et des défis internes
– Des QTE bien utilisés…

Points faibles :
– … Mais cela reste du QTE
– Peut mieux faire graphiquement en phases de jeu
– Un peu court
– Un meilleur liant entre QTE et shoot était possible

[note] La Note Gamingway : 14/20 [/note]

Développeur : Teyon
Editeur : Reef Entertainment
Genre : Action / Rail Shooter
Supports : PlayStation 3, Xbox 360 et PC
Date de sortie : 20 février 2014

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