Test : Yakuza 5 (PS3)

Yakuza_5_coverDigne successeur de la série à succès de SEGA, et enfin disponible en Europe, plongeons sans plus attendre au cœur de la guerre des clans de la mafia japonaise dans Yakuza 5.
Ici, il sera possible d’incarner 5 personnages différents dans 5 villes, dans un jeu rehaussé d’un nouveau moteur (comparé à Yakuza 4), et à la durée de vie titanesque. Je n’ai qu’une chose à ajouter : BAGARRE  !

Ryū ga Gotoku 5: Yume Kanaeshi Mono

Si vous ne connaissez pas du tout l’univers de Yakuza (je parle du jeu, et non de la pègre, vous l’aurez compris) laissez-moi vous présenter un peu le style de ce titre. J’ai, pour ma part, commencé par cet épisode 5 et peut-être que c’est également votre cas. Même si on perd quelques subtilités de l’histoire, car il s’agit bien d’une suite, si vous avez regardé des dramas ou des films japonais, vous ne serez pas dépaysé, car le jeu se construit de la même façon. Ici, on retrouve le héros (ou plutôt “les héros”, mais j’y reviendrai plus tard) “badass” au grand cœur et avec des valeurs, car, oui, ce sont des yakuza, oui, ils s’adonnent au combat de rue, mais ils le font en général pour la “bonne cause”, aider la veuve et l’orphelin, par exemple (en passant par le chien en danger et la petite fille qui a fugué).

Mais voilà, avant toutes ces scènes d’action, il faudra être patient, car la grande majorité du jeu se passe dans les dialogues et les scènes cinématiques qu’il faudra “subir” avec beaucoup de patience. Mais c’est aussi ça, un Yakuza : tout se déroule autour de l’ambiance générale et des conversations longues et enrichissantes qui nous dépeignent des personnages hauts en couleurs, ainsi que des situations qui feront tout le scénario du jeu.
Dès le début de l’histoire, il faudra patienter une vingtaine de minutes avant de pouvoir entrer dans le vif du sujet et utiliser sa manette, mais durant cette intro, on découvrira que l’histoire se situe à Fukuoka et met en scène toujours le même héros : Kazuma Kiryū, un ancien Yakuza qui a raccroché pour devenir conducteur de taxi à Fukuoka, mais ce n’est pas tout. En effet, dans Yakuza 5, c’est 5 personnages différents qui seront jouables dans 5 quartiers “fictifs” (mais inspirés de vrais quartiers) de 5 villes différentes du Japon : Fukuoka, Sapporo, Nagoya et les déjà connus dans la série Osaka et Tokyo.

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Chimpila fight !

Notons que le jeu est typiquement japonais, et on s’en rend compte bien vite, rien qu’avec la première mission qui consistera à aller s’excuser auprès d’un rival en affaire, tout en lui apportant, en gage de votre sincérité, une spécialité culinaire de Fukuoka. Plus japonais, on ne fait pas ! Si vous n’êtes pas un habitué des us et coutumes du Japon et de ses subtilités, vous risquez de vous demander pourquoi vous êtes en train de réaliser certaines actions au lieu de casser des dents. Dans Yakuza, vous pourrez aller au combini du coin acheter à manger ou un parapluie (qui peut servir d’arme), lire des manga (ils sont disponibles sous la forme de scans que l’on peut consulter… tout en japonais par contre), effectuer des virements bancaires, ou encore un peu plus loin, aller se détendre dans un bar à hôtesses ou manger des ramen en vitesse. Bref, vous l’aurez compris, tout ici est assez réaliste et toute personne qui est déjà allée au Japon sera en immersion dès les premières minutes. Les environnements urbains ainsi que les quartiers sont très bien retranscrits, notamment au niveau de l’ambiance sonore : on entend les bruits très caractéristiques des feux de signalisation, des passages à niveau, des bribes de conversations des passants qui marchent sur les trottoirs ou encore la radio des magasins. Le titre sorti en 2012 au Japon a un peu vieilli (beaucoup d’aliasing propre à la PS3, malheureusement), mais reste très joli et assez détaillé au niveau des rues, personnages et des environnement à visiter. On s’y croirait !
Notons que tous les dialogues sont en japonais bien évidement, mais que les sous-titres ainsi que tous les menus sont en anglais, donc si vous n’êtes pas à l’aise avec ça, le titre n’est clairement pas fait pour vous.

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De Kamurochō à Nagasugai

Ce côté hyper réaliste et très proche de la culture japonaise est d’ailleurs une des raisons qui fait que les épisodes se font attendre en occident et ne sortent pas tous en version boite (c’est le cas de cet épisode 5) qui se retrouve uniquement en téléchargement sur PS3. Cela s’explique par le fait que le public est probablement un public de niche dans nos contrées, alors que les “Yakuza” sont de véritables cartons dans leur pays d’origine. D’ailleurs, des spin-off ont été commercialisés, mettant en scène des protagonistes plus ou moins connus (ou leurs ancêtres) dans différentes époques historiques, notamment au sein du célèbre Shinsengumi. Il existe également des films, notamment réalisés par Takashi Miike, issus de l’univers de la franchise.
Je pense d’ailleurs que cet aspect “typiquement japonais” fait à la fois la force et la faiblesse du jeu : il y a ceux qui adoreront et ceux qui n’accrocheront pas du tout, surtout ceux qui attendent de l’action pure et dure, s’attendant à un GTA-like, et qui risquent d’être très déçus.

Ramen-ya san

Mais ne vous y trompez pas, si l’ensemble parait proche de “la vie quotidienne des Japonais”, ici nous sommes bien dans un jeu mettant en scène des personnages issus des triades, donc comme vous vous en doutez, tout dans le scénario est prétexte aux combats entre gangs ou même à des courses de voitures (de taxi) sur la rocade de la ville, et ça, c’est un vrai contraste avec la réalité, car le Japon est, rappelons-le, un des pays avec le taux de criminalité le plus bas du monde. On se retrouvera donc toutes les 5 minutes face à un gang de rue qui agresse une jeune fille, par exemple et il faudra bien évidement intervenir. Les bagarres constituent une des parties prépondérantes du titre. Elles sont violentes et dynamiques, dans un style arcade à l’ancienne du plus bel effet et surtout, on gagne rapidement de l’expérience et donc de nouvelles techniques. Notons que l’on peut également se servir des éléments du décor pour frapper ses ennemis. En gros, les combats contre plusieurs opposants prennent fin lorsque tous les ennemis sont à terre… Ils semblent morts, vu les coups portés (éclaboussures de sang, écrasés de tête…), mais en fait, à la fin du combat, on remarquera qu’ils sont vivants et partiront juste sans demander leur reste… Car nos héros ne tuent pas, ils défendent juste leur honneur ou ceux des autres.

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Yakuza 5 est un jeu très riche, autant au niveau des environnements qu’au niveau des actions. Au bout de plusieurs heures de jeu, on aura la surprise de voir qu’on a terminé le jeu à peine à 1 ou 2%… Quelle claque ! En marge de l’histoire et des différents combats, on pourra également amener un client à bon port en taxi (difficile de conduire à gauche et de respecter le code de la route japonais à la lettre), aller à la pêche, jouer au poker, faire des ramen et les servir le plus rapidement et efficacement possible, jouer au baseball ou au golf, mais aussi, et ça ressemble plus à une activité de Yakuza ou de “mauvais garçon” :  sortir dans des clubs et les nombreux restaurants de la ville, draguer des hôtesses, ou encore parier au blackjack. Bref, sans même s’en rendre compte, on fini par passer des heures sur tous les mini-jeux du titre de SEGA et il y en a un paquet ! Notons également que selon le personnage incarné, les actions diffèrent un peu, entre Tatsuo Shinada, l’ancien joueur de baseball criblé de dettes et la jeune idol Haruka Sawamura qui devra chanter et danser en effectuant des battles de danse dans la rue à la place des bagarres habituelles, il y a de quoi faire et varier les plaisirs.

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Certes, ce 5e volet de Yakuza souffre de quelques problèmes de rythme, car le joueur se retrouve parfois entraîné dans des dialogues sans fin, ou au contraire, pris dans une tempête de mini-jeux l’éloignant de l’intrigue principale, mais il n’en reste pas moins dense et relativement varié. Si vous aimez cette ambiance de badboy au grand cœur avec une touche d’idol et une durée de vie indécente et si vous n’avez pas peur d’un jeu japonais uniquement sous-titré en anglais, alors vous pouvez y aller, vous ne vous ennuierez pas !

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Points Forts :

– La durée de vie titanesque
– Les combats funs et cool
– La variété des mini-jeux
– Bande son et détails soignés
– 5 personnages différents et réussis !

Points Faibles :

– Manque de rythme
– Aliasing omniprésent
– Tout en anglais !!

[note]La note Gamingway : 16/20[/note]

Éditeur : SEGA (Yakuza Studio)
Développeur : SEGA (Yakuza Studio)
Genre : Action, Aventure
Plateforme : PS3 (PSN uniquement)
Date de sortie : 8 décembre 2015

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