Test : Sherlock Holmes The Devil’s Daughter (XBOX ONE)

sherlock holmes the devil's daughter jaquette xbox oneEn 2014, Crimes & Punishments mettait en scène un Sherlock Holmes relooké, partagé entre flegme « so british » et négligence, dans un jeu d’enquête où les capacités intellectuelles si spéciales du célèbre détective étaient jouables pour la première fois. La formule semble avoir fonctionné, puisqu’on a maintenant l’occasion de mettre la main sur une suite directe, The Devil’s Daughter. Le célèbre détective va-t-il nous surprendre une fois de plus ? Menons vite notre petite enquête.

Allo Watson, Sherlock a un problème

Comme une claque en pleine face des fans, le jeu débute avec un Sherlock Holmes pitoyable, en pleine déprime par manque d’activité. De quoi secouer les fans de Sir Arthur Conan Doyle mais malheureusement cela arrive parfois à notre héros. Une véritable épave qui se lamente de n’avoir rien à faire, jusqu’à ce que sa nouvelle voisine, jeune et charmante, le prévienne qu’un petit garçon le cherche. D’entrée, on sait que ce nouvel opus ne sera pas une suite de complaisance développée à la va-vite, mais bien un véritable film interactif à l’intrigue solide. Heureux d’avoir enfin une enquête, Holmes se précipite à la recherche du père de l’enfant, le seul remède à sa dépression. Mais le sort s’acharne sur le malheureux britannique : sa fille Katelyn débarque à l’improviste, car toutes les jeunes filles de son école ont été temporairement renvoyées chez leurs parents, en raison d’un problème au pensionnat. Watson insiste alors pour qu’Holmes avoue à Katelyn la vérité. Mais Holmes refuse de dévoiler ce qui s’est réellement passé il y a de cela de nombreuses années. On comprend alors que, entre deux enquêtes, on va en apprendre plus sur les relations entre le détective et cette jeune fille et, peut-être, percer le mystère qui lie les deux individus.

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Une suite enrichie

Le gameplay est exactement le même que celui de Crimes & Punishments : Holmes peut dresser les portraits des différents personnages liés à l’enquête, se déplace en différents endroits de Londres où plus loin pour trouver des indices, utilise son matériel scientifique pour analyser des échantillons, fouille dans ses archives pour un complément d’information, se sert de sa vision exceptionnelle pour détecter des indices qui passeraient inaperçus pour des gens normaux et peut utiliser son cerveau sur-développé pour imaginer des éléments manquants ou des scènes entières. Tout cela pour faire des déductions afin de découvrir la vérité et de désigner le coupable dont le sort reste au choix du joueur. On retrouve ainsi le même système de choix moral que dans l’opus précédent, à savoir, condamner lourdement ou faire preuve de clémence. Un système solide qui a fait ses preuves et qu’on apprécie de retrouver ici, mais pas un simple copier-coller des aventures précédentes.

Dans The Devil’s Daughter, le jeu a été rendu plus interactif et immersif. Dans Crimes and Punishments, les différents éléments du gameplay se mettaient en place progressivement, rendant le jeu assez simple, linéaire et parfois ennuyeux en début de partie. Maintenant, on a accès dès la première enquête à l’arsenal scientifique et on a l’occasion d’incarner rapidement d’autres personnages que le détective, comme son chien Toby au flair bien utile (ce qui fait penser à certaines phases de jeu de Game of Thrones) ou les gamins des rues qui viennent apporter une aide précieuse. Cela rend chaque enquête plus riche et longue, notamment grâce à la présence de plus de mini-jeux divers et variés : filature à travers Londres, même sur les toits, course-poursuite pour éviter un chasseur, compétition sportive, etc. ponctuent agréablement les enquêtes, tout en augmentant l’immersion du joueur dans le quotidien du Londres victorien. L’atmosphère est une véritable réussite, renforcée par des graphismes, certes assez grossiers pour un jeu XBOX ONE, mais qui dépeignent correctement la ville décrite par Charles Dickens dans Oliver Twist, autre roman anglais célèbre de la même époque. On s’y croirait vraiment. On a aussi rapidement la possibilité d’aller embêter l’inspecteur Lestrade, qui n’apprécie toujours que très modérément Holmes, dans son commissariat, histoire d’aller inspecter les cadavres à la morgue ou les affaires des suspects et plus encore. La version française et ses doublages toujours aussi bons renforcent également l’immersion.

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Plus grand, plus intéressant, mais toujours les mêmes défauts

Le scénario est vraiment bien pensé et les enquêtes, pleines de rebondissements, peuvent induire en erreur les novices. Attention à ne pas faire de déductions trop hâtives pour ne pas accuser un innocent ! Il y a cette fois plus de lieux à visiter, et ces derniers sont également plus grands qu’avant : il est encore plus impératif de bien tout fouiller pour ne pas commettre une erreur irréparable. Le carnet d’Holmes s’avère toujours aussi utile pour consulter rapidement les portraits et les indices ou pour vérifier les tâches à accomplir. On apprécie également de pouvoir changer de look (tenue, coiffure, pilosité faciale) à volonté. Les choix vestimentaires ne sont pas uniquement décoratifs, car certains déguisements sont nécessaires pour progresser, ce qui augmente la profondeur et la richesse du gameplay.
Cependant, The Devil’s Daughter souffre toujours des mêmes défauts que Crimes and Punishments : si le jeu est plus attrayant, il reste néanmoins très linéaire, le joueur se trouvant même régulièrement pris par la main pour avancer dans l’histoire sans trop se poser de questions. Mais surtout, ce sont les temps de chargement qui sont incroyablement longs et la cinématique de la ballade en calèche reste maladroite et vite énervante, mais on finit pas s’y faire.

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Une enquête passionnante

The Devil’s Daughter incarne l’évolution du « point & click » et le retour en fanfare des jeux d’enquête. Desservi par une histoire prenante, vraiment mature et parfois sombre ou teintée d’ésotérisme, le jeu compense ses graphismes moyens par son ambiance bien retranscrite et ses bruitages/doublages de qualité. Les mini-jeux bien pensés, très variés et habilement implantés à des moments parfois cruciaux, prenant la forme aussi bien de QTE, de puzzles ou d’épreuves à part entière rendent les enquêtes toujours plus captivantes. Si on peut généralement prendre son temps, il faut parfois faire preuve de rapidité et d’astuce pour s’en sortir indemne. Heureusement, la difficulté n’est pas très élevée – surtout pour les habitués – et on peut recommencer pile là où on a échoué.

The Devil’s Daughter sait se renouveler à tous les niveaux : narration, mise-en-scène, rythme. Loin d’être passif devant un film interactif, le joueur devient plus que jamais le véritable Sherlock Holmes et prête moins attention à la linéarité du soft. Le gameplay introduit par Crimes & Punishments s’avère toujours aussi efficace et ce système, associé à une intrigue habile, tient le joueur en haleine de nombreuses heures, à la manière d’un Professeur Layton. On en redemande !

Enguy

Points forts :

– Toujours plus de mini-jeux
– Un scénario bien pensé, surprenant, envoûtant
– Plusieurs personnages jouables
– Une ambiance victorienne merveilleusement retranscrite

Points faibles :

– Assez linéaire
– Graphismes moyens
– Peu de challenge
– Temps de chargement horribles qui donnent envie de brûler la calèche

[note]LA NOTE : 16/20[/note]

Développeur / Éditeur : Frogwares / BigBen Interactive
Genre : action, aventure, enquête, énigme, point & click
Supports : PS4, XBOX ONE, PC
Date de sortie : 10 juin 2016

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