Test : Killing Floor 2 (PC)

killing_floor_2_023Depuis plusieurs mois en early access, Killing Floor 2 débarque enfin en version commerciale définitive. Il est donc temps de troquer les habits du dimanche pour un tablier de boucher et enfin tâter la bête.

Il est important de rappeler le concept du jeu pour ceux qui ne connaîtraient pas la licence, il s’agit d’un mode horde (sans jeu solo autour, comme cela est souvent le cas dans les FPS). Un titre multijoueur en ligne qui vous oppose à des vagues de zombies ou monstres difformes en tout genre. Une fois chaque vague terminée, il vous faudra panser vos plaies et vous ré-équiper afin de survivre à l’assaut suivant. Une mécanique de jeu déjà éprouvée depuis longtemps, qui fonctionne parfaitement bien, à laquelle il faut ajouter un système de classes (perks), au nombre de dix.

Running dead

Une fois lancé dans le jeu, le déroulement sera toujours identique, un compte à rebours se lancera avant chaque vague, permettant à l’équipe de s’équiper et se placer, puis il faudra repousser une horde, évidemment toujours plus puissante. Ce qui choque immédiatement l’habitué de FPS est l’absence de réticule de visée, un « détail » qui modifie grandement les habitudes du joueur assis sur 30 ans de shooter à la première personne.
Ajoutés à cela, la fureur des monstres, un level design exigu et une certaine lourdeur de l’avatar, autant dire que la tension est forte. Il faut être bien conscient que sous ses airs de gros défouloir gore géant, Killing Floor 2 est avant tout un jeu relativement exigeant qui demandera de la persévérance au débutant. Le ton est directement donné avec un mode découverte en solo déjà assez violent ; par contre, le sentiment de progression n’en sera que plus important et valorisant.

killing_floor_2_004 killing_floor_2_016

I will survive

Heureusement, face à cette violence, vous ne serez pas démuni : l’arsenal est évolutif et la classe choisie propose un arbre de spécialisation à double branche, liée chacune à une façon de jouer, que ce soit à titre personnel ou par rapport au travail d’équipe. Pour faire monter l’expérience et atteindre le niveau 25, le joueur devra apprendre à utiliser ses spécialités de classe, mais également diversifier ses actions. Se « limiter » aux soins ne permettra, par exemple, pas au medic de progresser convenablement, il lui faudra également prendre part à l’action. Cette mécanique de progression évite aux joueurs de s’enterrer dans leur simple rôle, une idée originale par rapport à ce que proposent d’autres titres du genre.
Maintenant, le revers de la médaille est que ce système rend le jeu un peu plus ardu que la moyenne et demandera un investissement certain de la part de celui qui veut avancer rapidement. Sans trop entrer dans les détails, voici une liste des perks proposés, histoire de vous donner une idée du contenu plutôt conséquent du titre.

  • Berserker : plus résistant, sans être un tank de MMORPG, destiné à bloquer les petites vagues et les boss.
  • Commando : le soldat classique de FPS, l’ami du débutant.
  • Support : pour les amateurs de fusil à pompe, efficace à courte distance et devant les packs de monstres.
  • Field Medic : comme le Port-salut, c’est marqué dessus.
  • Firebug : armé d’un lance-flamme, très utile contre les rampants, mais difficile à maîtriser.
  • Demolition : le spécialiste des explosifs, indispensable contre les grosses vagues ou les boss.
  • Gunslinger : peut-être la classe qui demande le plus de skill, car vraiment efficace en enchaînant les headshots.
  • Sharpshooter : le tireur d’élite est assez facile à jouer, par contre il faut également viser le headshot.
  • SWAT : un peu dans l’esprit du commando, mais en plus subtil.
  • Survivalist : la classe DIY (Do it yourself) du jeu, pour les amateurs de challenge.

Les classes ne sont pas forcément toutes originales, mais certaines sortent franchement du lot et, au final, il y a de quoi faire.
De toute façon, il faudra faire des essais, de nombreux essais, avant de choisir les perks qui nous conviennent le mieux ; une bonne chose, car dans le même temps, ces tests permettront d’apprendre à connaitre et reconnaître les adversaires, afin d’agir en conséquence.

killing_floor_2_012 20161209154658_1

Plus sympa que les abattoirs du Larzac

Killing Floor 2 est une bien belle suite, plus beau (si l’on peut dire), plus généreux, plus viscéral et toujours aussi jouissif. Le titre de Tripwire Interactive s’avère également plus pointu que son prédécesseur, plus ardu. Quand on se lance dans l’aventure Killing Floor, c’est bien souvent en imaginant que l’on va s’y défouler quelques minutes avant de passer à autre chose, mais rien n’est moins vrai. Deux cas de figures risquent de se présenter : soit la difficulté va vous freiner directement et vous faire rapidement remiser le jeu au fin fond de votre bibliothèque Steam, soit vous allez persévérer et ne plus lâcher votre souris, tant que les murs ne seront pas recouverts d’hémoglobine. C’est peut-être le plus gros reproche que l’on peut faire au jeu, son antipathie à l’égard du néophyte ; l’apprentissage des premières heures ressemblant à une série de claques dans la tronche. L’avantage, par contre, est que cela soude la communauté et évite de trop souvent tomber sur une équipe totalement paumée (Overwatch, si tu m’écoutes).
La direction artistique, bien que lambda, présente quelques fulgurances dans le design de ses monstres et les niveaux s’avèrent extrêmement bien pensés lorsque l’on commence à les apprivoiser.
Le titre propose aussi un mode versus, brouillon et anecdotique, qui n’est pas vraiment le cœur du jeu, donc complètement dispensable.

killing_floor_2_008 killing_floor_2_014

Reste à savoir à qui s’adresse Killing Floor 2 et c’est peut-être la question la plus importante si vous êtes tenté. Il s’agit d’un jeu coopératif bien plus tactique qu’il n’y parait et son exigence demandera une implication que tous ne sont pas prêts à accorder. De plus, son univers gore grand guignolesque peut également être un frein pour ceux qui recherchent cette exigence, sans pour autant se noyer sous des litres de sang. Un excellent titre, mais qui reste un jeu de niche.
Maintenant, si vous pensez correspondre au profil, foncez dans le tas, c’est une petite tuerie, dans tous les sens du terme.

Ominae

Points forts :

  • Un gameplay nerveux, mais stratégique
  • Le level design bien retor, mais bien pensé
  • Le nombre de classes différentes
  • Progression ardue mais valorisante

Point faibles :

  • L’apprentissage dans la douleur
  • Assez gourmand sur PC
  • Le mode versus brouillon

[note] La note : 18/20 [/note]

Développeur : Tripwire Interactive
Éditeur :
Tripwire Interactive
Genre :
FPS 
Support :
 PC, PS4
Date de sortie :
 18 novembre 2016

Enregistrer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *