Test : Haven Moon (PC)

haven-moon-0François Roussel est-il chauvin ? C’est la question que l’on est en droit de se poser quand on voit l’omniprésence de l’hexagone dans Haven Moon, le jeu qu’il a développé seul pendant près de 20 ans !

Même après avoir bouclé le titre, la question demeure, ainsi que la symbolique derrière ce motif. Ce qui est certain, par contre, c’est que le bonhomme est un fondu de Myst et de Jules Verne, deux inspirations qu’il a décidé de fusionner pour créer ce premier jeu commercial.

Vingt-milles lieues de Menra

Comme dans le titre fondateur de Rand et Robyn Miller (ce dernier a d’ailleurs été testeur sur Haven Moon !), tout commence par une téléportation sur une île abandonnée. Ektor Turren, scientifique spécialiste de l’électricité, a besoin d’aide : son monde, Menra, est en proie à des troubles et il s’est réfugié sur Séléos, la lune de Menra, composée à 99% d’eau, pour trouver un moyen de sauver sa planète natale. Là, il a construit plusieurs îles artificielles, chacune ayant une fonction propre : un laboratoire pour étudier le climat, un « canon » électrique pour alimenter les structures, une maison et la zone de départ forment l’archipel à explorer au cours du jeu.

Cependant, à notre arrivée, une note manuscrite nous avertit : si c’est bien Turren qui nous a amené ici, ce dernier est décédé depuis longtemps (la téléportation n’est pas synonyme d’instantanéité, donc) et toutes ses installations sont tombées en panne, faute de personnel pour les entretenir. Les quatre îles sont complètement dépourvues de présence humaine et la narration, en partie environnementale, se fera également au travers des notes écrites par Turren, laissées à notre attention. Au joueur, donc, de remettre tout ce bazar en marche pour quitter Séléos et qui sait, trouver une échappatoire plus clémente…

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Les colonnes de Turren

Haven Moon est un Myst-like dans sa plus pure forme : une narration minimale qui laisse ses environnements conter son histoire, des décors figés dans le temps (mais, modernité oblige, entièrement explorables en 3D grâce à Unity) et des énigmes velues-velues impliquant des machines étranges. Tout cela serait bel et bon, si seulement la logique de ces énigmes n’était pas aussi obscure, voire imbitable par moments. Mention spéciale à l’un des premiers puzzles du jeu qui demande de tâtonner avec un télescope à 360° pour trouver les coordonnées horizontales et verticales de l’une des îles. Des prémices un poil rudes, qui risquent de décourager les joueurs les moins motivés. On regrettera aussi les allers-retours incessants entre les différentes îles du jeu qui hachent la progression, un défaut que l’on mettra sur le compte des ressources limitées, exacerbées dans le cas d’un développement solitaire et au long cours.

C’est dommage, car le jeu possède une ambiance et un univers dans lesquels il est agréable de se plonger, ne serait-ce que pour retrouver ce sentiment d’étrangeté familière propre aux Myst. Des mondes certainement humains, mais dotés de détails qui les rendent complètement étrangers à notre civilisation. Haven Moon est de ceux-ci et, malgré une durée de vie de 4 h, réussit à combler le vide laissé par Myst V – End of Ages en 2005 (le successeur spirituel de la série phare des frères Miller, Obduction, vient par ailleurs tout juste de sortir). Autre point fort, la bande-son – que l’on dirait symphonique – composée par Léo J. Russlan participe grandement à l’immersion dans cet univers « Vernien » et propose des thèmes envoûtants qui collent parfaitement aux décors, le tout sans perturber la réflexion, ni se révéler irritants lorsque l’on bute un peu trop longtemps sur un puzzle (ce qui arrive SOUVENT).

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Haven Moon est un projet de passionné (20 ans de développement, ce n’est pas rien !) et malgré des défauts évidents (des allers-retours incessants, des énigmes vraiment hardcore sans le moindre système d’indice, une durée de vie riquiqui), il parvient à être attachant et plaisant à parcourir.
Si, comme moi, vous êtes amateur de Mystlike et que vous avez déjà retourné The Witness (ou Obduction) dans tous les sens, Haven Moon pourra compenser ce sentiment de manque pendant quelques heures, en attendant un éventuel prochain projet du développeur ! Inversement, si les Myst-like vous font peur/vous emmerde, Haven Moon n’est probablement pas pour vous…

Go-Ichi

Points forts :

  • Un véritable Myst-like dans sa plus pure forme, sans fioritures.
  • Une ambiance à la Jules Verne rafraîchissante pour le genre.
  • Une très bonne bande-son de Léo J. Russlan.

Points faibles :

  • Des énigmes pas toujours très bien pensées.
  • Les allers-retours un peu longuets.
  • Durée de vie un peu courte.

[note]La Note : 14/20[/note]

Développeur/Éditeur : François Roussel
Genre : Myst-like
Support : PC (Windows, MacOS, SteamOS)
Date de sortie : 08 juillet 2016

 

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