Test : Beyond Two Souls (PS3)

beyond-two-souls-playstation-3-ps3-jaquetteCertains jeux vidéo se rapprochent plus d’une expérience unique, un one shot à vivre de bout en bout, plutôt qu’une histoire qui laisserait le joueur plus libre de ses mouvements. Se situant largement dans ce créneau, Quantic Dream n’en est plus à son banc d’essais et, après Heavy Rain, c’est au tour de Beyond Two Souls de nous plonger dans un univers unique et une aventure à vivre de l’intérieur. Découvrons ensemble ce jeu polémique qui relance une nouvelle fois le débat de la place de la frontière entre le jeu vidéo et le cinéma.

 Moi Jodie, toi Aiden

Beyond Two Souls n’a vraiment rien à envier aux grosses productions cinématographiques (voir notre article sur le lancement du jeu au Grand Rex à Paris) : image parfaite, musique et habillage sonore au top, scénario hyper travaillé, la liste est longue. Et c’est d’ailleurs sur ce dernier que repose toute la force du titre. En effet, le joueur va plonger dans une histoire toute tracée, ou presque, pour laquelle il va vibrer pendant une bonne dizaine d’heures. Et pour s’immerger dans un scénario créé de toutes pièces par David Cage, quoi de mieux que des acteurs charismatiques, auxquels les joueurs, comme pour un bon film, vont pouvoir s’identifier. Si, ici plusieurs acteurs ont prêté leur visage, leur allure, leurs gestes et même leur voix grâce au Motion Capture, notons par exemple là présence de Willem Dafoe ou encore de Kadeem Hardison, c’est bien sûr Ellen Page qui tient tout Beyond Two Souls sur ses seules épaules. Enfin un personnage féminin digne de ce nom dans un jeu vidéo !
David Cage a tout misé sur elle et elle cumule charisme, courage et mystère, mais également des phases de doute, de faiblesse et même de désespoir. Il faut savoir que dans ce jeu c’est tout simplement toute la vie de Jodie (le personnage interprété par Ellen Page) que l’on va suivre depuis sa petite enfance jusqu’aux tourments de l’âge adulte… Mais les scènes marquantes de son existence ne seront pas forcément dans l’ordre chronologique, bien au contraire. L’ensemble permettra de reconstituer un grand puzzle et de mieux comprendre les tenants et les aboutissants tout en découvrant étape par étape qui est vraiment Jodie et surtout, qui est l’entité visible par elle seule qui est liée à elle depuis toujours lui servant d’allié, ou au contraire, créant des situations problématiques. Cette entité, plus que mystérieuse, nommée Aiden prend également part à l’histoire de manière régulière car elle sera dirigeable par le joueur principal, voire même par un second joueur, rendant l’aventure encore plus immersive, car ainsi, ce n’est pas une seule, mais bien 2 personnes aux raisonnements éventuellement différents qui prendront part aux événements de Beyond Two Souls et le titre du jeu prend alors tout son sens.

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Beyond two media

Là où la polémique enfle, c’est que le jeu semble ne pas laisser beaucoup de place au joueur, le menant un peu par le bout du nez d’un point à l’autre de l’histoire, lui donnant nettement l’impression de revivre un film dont les scènes seraient déjà tournées. En effet, les choix ne semblent pas très nombreux, notamment durant les dialogues, mais ce n’est pas le plus grave, la plupart des choix semblent surtout ne rien changer au déroulement des évènements et tous mener à la même finalité… Ou presque. C’est d’ailleurs ce qui doit déstabiliser la plupart des joueurs, impossible de réellement s’approprier le personnage de Jodie et ses actions, bien que souvent, durant les diverses situations, différentes voies soient possibles d’accès. On se retrouve malgré tout assez frustré de ne pas pouvoir faire vraiment ce que l’on veut, surtout si l’on n’adhère pas spécialement au personnage principal ou au scénario.

Certaines phases de dialogue ne laissent pas plus de 5 secondes d’hésitation avant de choisir une réponse aléatoirement et on a même carrément l’impression qu’en ratant certains scènes, des QTE par exemple, cela n’a aucune incidence sur la suite du déroulement du chapitre.

Heureusement, lorsque Aiden est au commande, cela libère en partie le joueur qui pourra alors passer à travers les murs et partir plus en exploration dans les recoins, du moment qu’il ne s’éloigne pas trop de Jodie, habile moyen de brider ses déplacement à un secteur prédéfini. Aiden pourra se faufiler partout et voir des scènes sous différents angles. Il pourra également interagir avec certains éléments du décor, objets indiqués à l’écran par un petit cercle bleu. A l’aide des sticks de la manette le joueur pourra alors faire tomber, frapper ou carrément casser certains objets. Il pourra également interagir avec les appareils électriques et même tuer certains PNJ (indiqués en rouge) ou prendre possession du corps de certains personnages (indiqués en orange).

Vous l’aurez compris, la vraie liberté du jeu se situe dans le “personnage” d’Aiden qui permet vraiment une exploration complète des environnements. D’ailleurs certains bonus cachés sont déblocables dans chaque chapitre uniquement à l’aide d’Aiden. Ces bonus sont des images, musiques, bande-annonces ou autre mini court-métrages visionnables par la suite via le menu principal du jeu.

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L’âme du jeu

Lorsque le joueur contrôle Jodie, il aura le plaisir de la découvrir sous différents angles : enfant, ado, adulte, agent de la CIA et j’en passe. Lorsque des interactions sont possibles, un point blanc sera présent à l’écran, lui permettant d’ouvrir des portes, de parler à des PNJ ou encore d’utiliser certains objets. Par contre, le stick droit servant à orienter la caméra mais également à lancer ces actions lorsque le point blanc apparaît, des erreurs de manipulation sont à prévoir, ce qui peut être perturbant, ou même lancer des scènes que l’on aurait souhaité éviter.

En général, dès qu’il est libre de ses mouvements, le joueur pourra toujours appuyer sur le triangle afin de contrôler Aiden. Autant dire qu’il faudra sans cesse jongler entre les deux, parfois par obligation afin de progresser dans l’environnement, parfois simplement par plaisir pour une meilleure exploration. Jodie aura également la possibilité de choisir quoi répondre selon certains dialogues, ou en tout cas elle aura le choix de dire la vérité, de mentir, d’être en colère, cynique ou encore évasive. Plus tard dans le jeu, on apprendra également durant certaines phases d’action, à éviter des obstacles, lors d’un parcours du combattant par exemple, à se camoufler derrière un mur ou autre durant des phases d’infiltrations, à combattre, à couvert ou a découvert, et également à maîtriser de véritables combats au corps à corps. Ces phases de jeu sont d’ailleurs plutôt réussies et assez immersives, alternant des QTE, avec un ralentissement de l’image ainsi qu’un passage en noir et blanc pour les scènes de bagarre, sachant qu’il faudra orienter rapidement le stick dans la bonne direction pour provoquer l’action désirée (éviter un coup, effectuer un contre ou carrément attaquer). Très dynamiques, ces passages sont une vraie réussite et s’intègrent parfaitement à l’histoire.

Et justement, parlons-en de l’histoire. Il se passe beaucoup de choses dans le scénario et, même si parfois les revirements de situation où les événements se rapprochent de clichés vus et revus dans certains films, il reste malgré tout très prenant et suffisamment immersif pour qui saura l’apprécier. On a du mal à s’arrêter et la tension est palpable quasiment tout le long des évènements. Le scénario reste très réussi, mais effectivement, pour celui qui n’accrochera pas, à l’instar d’un film, il ne rentrera pas dans l’histoire et n’appréciera ni les personnages ni les différentes situations.

Notons que, bien entendu, selon nos choix ou nos actions, différentes fins sont possibles, mais il est dommage de voir que la plupart des choix cruciaux se font uniquement dans le dernier chapitre et qu’il suffira de le rejouer plusieurs fois pour voir les différentes fins, à peu de choses près, certaines actions ayant eu lieu plus tôt dans le jeu.

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Beyond Two Souls à beau diviser les joueurs, il n’en reste pas moins un jeu hors normes et une aventure à parcourir de bout en bout. Même s’il se rapproche d’un film et que certaines phases de choix semblent ne rien changer au déroulement global de l’histoire, les possibilités sont multiples et le système de jeu unique. Si vous aimez vibrer tout au long de l’action, vous y trouverez largement votre compte, sous peine bien entendu que vous adhériez au personnage principal omniprésent, au gameplay particulier et au scénario complexe et tout tracé du titre.

Sironimo

Points forts :
– L’aventure, prenante
– Aiden
– La beauté des graphismes
– Les combats immersifs
– Jouable à 2
– L’immersion totale

Points faibles :
– Les choix qui semblent inutiles
– Effet de film interactif
– Dirigiste
– Interactions parfois confuses

La Note Gamingway : 16/20

Développeur : Quantic Dream
Editeur :
Sony
Genre : Aventure / Choix
Supports : PS3
Date de sortie : 
9 octobre 2013

  • Teva18/11/2013 à 19:47Permalink

    Très bon article, le contenu, la trame est bien amené, ça donne envis d y jouer bonne continuation

  • Twinsunnien18/11/2013 à 22:27Permalink

    Un jeu ou pas? Je n’ai essayé que la démo, donc mon avis peut être erroné, mais j’ai ressenti cette confusion de kékeu-je dois faire là? Hein fô appuyer sur une touche, quoi, le stick? C’est assez frustrant, mais ce que j’ai trouvé de plus frustrant encore, c’est quand enfin on peut faire ce que l’on veut (en gros avec Aiden), on se retrouve avec trop de possibilité, et du coup on est perdu.
    Puis aussi cette sensation de « tout les chemins mènent à Rome », en gros quoi que l’on fasse on voit les même scènes. Genre dans la démo, a un moment tu rentres dans un ciné, et moi comme un boulet, je n’arrivais pas à diriger Aiden, du coup le SWAT débarque, baston, et Jodie prend un membre des SWAT par le colbaque pour lui dire d’arrêter de lui casser les noix parce que voilà quoi. Quelle ne fût pas ma surprise de constater qu’à la fin de la démo, il y a une sorte de bande annonce avec la même scène du gars du SWAT-colbaque-casser les noix, mais dans un lieu différent. Genre quoiqu’il arrive cette scène tout le monde la verra. OK, le scénar’ oblige à cela, et si je n’avais pas fait la démo avant de voir la B-A je n’aurai rien vu venir, mais quand même, on ressort frustré (de la démo du moins) car tel un oiseau en cage, nous sommes libre, mais dans la cage.
    Après ça ne m’empêchera pas de la faire, parce que en tant qu’Aiden on ressent une puissance très fun je trouve, puis l’histoire (qui me paraît loufoque) est portée par une brochette d’acteurs de haute volée.

  • Inod18/11/2013 à 23:47Permalink

     » nous sommes libres, mais dans la cage  »
    #InterdictionDempiéterMonTerrainCeluiDesJeuxDeMots

  • Sironimo19/11/2013 à 10:47Permalink

    Teva > Merci :)

    Twinsunnien > Tu as bien résumé : on peut en effet se sentir prisonnier du jeu et de son déroulement, comme indiqué dans le test, mais si tu es, comme moi, pris dans l’histoire et que ça ne te dérange pas, alors tu passeras un très bon moment. :)

  • Twinsunnien19/11/2013 à 21:19Permalink

    Inod –> Le pire, c’est involontaire, je pensais à un petit oiseau en fait, généralement je ne suis pas doué pour les jeux de mots.

    Sironimo –> Malgré la frustration ressentie, j’ai envie de le faire, parce comme tu le dis, l’histoire semble très prenante.

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