Test : The Last Guardian (PS4)

the-last-guardian-jaquetteVoilà un jeu qu’on attendait depuis plus de 7 ans. Ceux qui avaient joué à ICO et Shadow of the Colossus se souviennent bien de la promesse de ce troisième jeu de la Team Ico, dirigée par Fumito Ueda, et il est enfin là : The Last Guardian.
Alors, l’attente valait-elle le coup ou le titre a-t-il trop cristallisé les attentes des joueurs ? Que vaut vraiment ce jeu d’aventure ? Penchons-nous sur tout ça sans plus attendre, car l’attente a été assez longue !

Tricotons, Tricotez !

Tout commence quand un petit garçon se réveille sans savoir ce qu’il fait là, à côté d’une étrange créature. Et déjà, tous les souvenirs du joueur qui a parcouru les dédales d’Ico et chevauché sur les plaines de Shadow of the Colossus, reviennent au galop ! Pas que ce soit une suite ni quoi que ce soit, mais l’ambiance, la lumière, les couleurs, la voix-off étrange et mystérieuse et tout ce qui nous entoure, résonne comme un vaste environnement déjà connu et pourtant encore à découvrir. Et le jeu entier sera à cette image : rempli de nostalgie et de paradoxes.
Après quelques indications succinctes et visuelles dans le coin droit de l’image qui indiquent comment sauter ou se déplacer, le jeune garçon se retrouve livré à lui-même, face à cette étrange créature géante nommée Trico, avec les cornes et les ailes cassées, encore hostile mais attachée à l’aide d’une lourde chaîne, au sol. Et vous voilà embarqué dans une vaste aventure où les premiers instants seront consacrés à vous familiariser avec les commandes, mais également à apprivoiser cette bête farouche, affamée et blessée.
Le reste du jeu sera de vous sortir de ce mauvais pas en vous échappant de cet endroit étrange et de plus en plus menaçant… ensemble.

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To-Ri-Co !

Soyons clair, au départ il est très difficile d’interagir avec Trico, cette bête étrange, mélange d‘aigle, de chat, de hyène ou de chien, de griffon et de plein d’autres créatures, et il faudra être observateur et patient. Le jeune garçon créera, au fur et à mesure, une relation privilégiée avec cet étrange animal, pouvant grimper sur son dos pour atteindre des endroits inaccessibles ou simplement se laisser guider, de saut en saut, en s’agrippant à ses plumes.
D’ailleurs, Trico est une vraie réussite. l’I.A. est imprévisible, mais se laisse malgré tout guider et la bestiole est toujours prête à interagir avec vous. Le héros peut la caresser, l’appeler, et même si au début les interactions sont limitées, simplement observer l’animal reste une merveille. En effet, il ne vous lâche jamais des yeux et vous regarde comme un brave toutou prêt à vous aider, mais également complètement dépendant de vous et de vos actions.
Et puis, parfois, incontrôlable tel un chat, il n’en fait qu’à sa tête et n’ira absolument pas dans la direction souhaitée, ni ne fera les actions attendues… Et c’est bien ! Cette bête mythologique, pas très agréable ni “mignonne” au premier regard, se comporte quasiment comme un vrai animal, ce qui le rend donc complètement crédible. Mieux encore, au fur et à mesure du jeu et du lien fort qui uni les deux protagonistes, Trico devient à nos yeux, adorable et attendrissant, prouvant là sa réussite absolue.

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Shadow of the Trico

The Last Guardian semble être la suite logique d’Ico et de Shadow of the Colossus en terme, notamment, de création et de gameplay : s’échapper d’un endroit méconnu et hostile à 2 en s’entraidant rappelle bien entendu ICO, alors que le gigantisme de la créature et nos interactions avec elle sont une référence directe à Shadow of the Colossus.
Gros bémol cependant, les défauts de ces 2 titres ont également suivis ! Les caméras sont ingérables, essayant toujours de se diriger vers votre compagnon ou tournant et se cognant dans le décor. Il est clair que concilier une créature géante et une caméra à échelle humaine, le tout dans des environnements confinés et parfois étroits, cela donne forcément divers soucis de point de vue, des collisions, et surtout un aspect général brouillon et il faudra même, parfois, faire avec l’illisibilité totale de certaines scènes.
Les commandes, elles aussi, ne sont pas simples et parfois peu précises. Sauter en s’accrochant sur la patte ou la queue de Trico en plein mouvement, avec une caméra foireuse… Ajoutez à cela un mur, un personnage la tête en bas qui monte quand on veut descendre et inversement, le tout sans bien distinguer ce que vous faites, et soyez sûr que vous allez très vite devenir fou.
De même, certaines situations proches du jeu de plateforme, impliquant des sauts précis, par exemple, deviennent vite agaçantes quand on a du mal à maîtriser les actions du héros. On peut, par exemple, changer de trajectoire en plein saut, ce qui peut être rapidement fatal et très vite énervant. Ces défauts de lisibilité, de précision et de bonne gestion des actions sont vraiment le gros point noir du jeu.

Visuellement, certes, le jeu aurait dû sortir sur PS3 (il y a eu pas mal de retards de production) et donc les graphismes sont loin d’être à la hauteur de la PS4. Il y a un peu d’aliasing, de la brume vient vous empêcher de regarder jusqu’à l’horizon, rendant flou la plupart du décor et de gros ralentissements surviennent trop souvent dans certaines scènes un peu mouvementée. Tous ces soucis sont franchement mal venus, même s’il ne sont pas non plus rédhibitoires. Je pense que la plupart des gens qui attendaient ce titre depuis longtemps, moi y compris, sont plus indulgents sur ce genre de choses, se focalisant plus volontiers sur l’histoire et l’expérience proposée au joueur.
Et l’expérience est bien là ! Découvrir l’histoire petit à petit, voir votre relation évoluer entre vous et Trico jusqu’à devenir inséparables et compter l’un pour l’autre, pouvoir mieux vous comprendre, lui donner des “ordres”, l’aider, s’accrocher, sauter et presque s’envoler et progresser dans “le nid”, sorte de forteresse remplies de danger et d’ennemis imprévisibles.

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行こう トリコ !

Plus loin dans l’aventure, donc, vous pourrez insuffler des directives à Trico qui vous écoutera (plus ou moins) : sauter, agir, attaquer, ne pas bouger et j’en passe. Petit à petit, l’endroit où vous vous trouvez tous les deux commence à livrer ses secrets : une armée d’armures animées par une étrange lumière essaye de vous capturer, des tatouages étranges apparaissent sur votre corps, une (ou plusieurs) créature(s) semblable(s) à Trico vous surveille(nt) et semble(nt) vous suivre, et un bouclier magique peut vous sauver de certaines situations en envoyant de violents éclairs !
Vous devrez parfois résoudre de petites énigmes, éloigner les objets qui effraient Trico, le nourrir en trouvant des tonneaux souvent (très) bien cachés et toujours trouver comment avancer pour vous sortir de là.

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The Last Guardian n’est pas exempt de défauts, bien au contraire : une caméra douteuse, des commandes pas toujours précises ni intuitives et une D.A. un peu datée… Malgré tout, l’enchantement est là. Rarement dans un jeu on aura été aussi conquis et investi dans une relation avec une créature imaginaire (qui n’a, en plus, rien de charmant au premier abord). Cette histoire d’amitié et cette narration si spéciale font de The Last Guardian un jeu et une expérience uniques et forts qu’il faudra vivre pour comprendre.

Sironimo

Points forts :

  • Trico, superbe réussite
  • L’émotion présente tout le long du jeu
  • Les interactions
  • Le style unique de narration
  • La belle relation

Point faibles :

  • La camera en mode « yolo »
  • Les commandes peu précises
  • Les ralentissements et autres soucis visuels

La Note : 17/20

Développeur : Team ICO
Éditeur : Sony Computer Entertainment
Genre : Action / Aventure
Supports : PS3 euuh PS4
Date de sortie : 7 décembre 2016

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  • saviator24/01/2017 à 11:13Permalink

    great game to play and waiting for it release

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