Test : Nioh (PS4)

Remontant à une époque où la quatrième console de salon de Sony étant encore bien loin de sortir et dont on était encore plus loin d’imaginer qu’elle s’appellerait la PS4, Nioh a de quoi faire trembler dans le mauvais sens du terme, tant les arlésiennes n’ont pas tendance à convaincre. Surtout que le projet a jonglé entre les genres et les studios, mais là n’est pas le plus important, maintenant que la Team Ninja est censée posséder une maîtrise suffisante de la PlayStation 4, là où d’autres jeux ayant connu moult remous et sortis dans la foulée d’une nouvelle machine ont justement raté le coche à ce niveau.

Yokai clash

Nioh propose un scénario plutôt intéressant de prime abord, de par un mélange entre faits historiques et folklore nippon, même si au final on restera généralement de marbre si l’on s’attend à quelque chose de particulièrement profond. On est plutôt en face d’une œuvre pour le public de base, ne cherchant pas à réfléchir et désirant une narration simple amenant vers une débauche d’action, même si celle-là n’est pas dénuée de rebondissements. Mais ces derniers ne bouleverseront pas les codes, rendant le tout suffisamment bon à suivre si l’on en a envie, sans s’avérer incroyable. Du moins, le mélange entre réalité et fantasy tient la route, mais souffre trop souvent d’une mise en scène bancale, comme chez ses concurrents, ainsi que les films évoluant dans le même domaine.

On y incarne donc William Adams, premier navigateur anglais débarqué au Japon en 1600, soit légèrement avant la première annonce de Nioh. L’archipel souffre de quelques énormes problèmes, prenant principalement la forme de Yôkai loin d’être de petits coquins, mais plutôt des démons sanglants. Le moyen de régler tous ces maux et bien d’autres est assez simple pour notre Willou : fracasser tout ce qui entrave son passage, avec force, certes, mais non sans réflexion ou du moins prudence.

Torture ninja

Entre les prémices de Nioh et sa disponibilité, beaucoup de choses se sont passées, dont des quantités astronomiques de softs action RPG qui ont marqué leur temps et sûrement davantage. Avec d’ailleurs un certain revers de la médaille, puisque lorsqu’un jeu cartonne, des tas de studios s’accaparent plus ou moins de ses spécificités. On peut affirmer que Demon’s Souls et Dark Souls (nos critiques de DS1 et DS3) ont sûrement servi d’inspiration sur quelques points, mais heureusement pas tellement et c’est déjà clairement son premier très bon point : ne pas être un clone. Surtout que le plus important, à savoir trouver le juste milieu entre l’offensive et sa jauge d’endurance, le Ki, est une feature établie bien avant les productions de From Software et pas que chez les beat’em all. Qui plus est, la possibilité de le recharger en pressant R1 au bon moment changera complètement la donne par rapport aux jeux susnommés. Il n’empêche que beaucoup feront le lien de par l’atmosphère BTA au niveau élevé rejaillissant ici, surtout via quelques détails semblant insignifiants mais identiques, comme la récolte d’âmes nécessaire pour l’évolution de son héros.

Mais si vous êtes un peu plus âgé (le dernier épisode n’ayant pas marqué les foules) ou possédez une bonne culture vidéo-ludique, vous reconnaitrez tout bonnement le style de Ninja Gaiden (de la Team Ninja) dans l’approche des combats. On retrouve ainsi la nécessité d’être attentif à chaque instant, que ce soit face à une bonne bande de vilains, voire un boss, possédant toujours une énorme puissance et sachant vous faire mal. Les esquives s’avèreront donc primordiales, au même titre que l’apprentissage des faiblesses des ennemis, sans quoi c’en sera terminé.
Vous l’aurez compris, Nioh fait clairement partie de ces expériences classées dans la catégorie des exigeantes, que l’on peut plus souvent affirmer comme dures, servant d’argument marketing sans même préciser si elles sont honnêtes. On s’en sort plutôt bien ici, par le simple fait que l’on n’y ressent pas une difficulté « truquée ». Vous allez morfler, mais car l’aventure a été conçue ainsi et non parce que vous allez vous faire dégommer alors que vous avez réalisé une action semblant pourtant parfaite.

En bon samouraï, William est équipé en conséquence et pour venger le Japon il sortira les katanas, simples ou doubles, les haches, les lances et enfin le Kusarigama, cette nébuleuse chaine avec un poids à un bout et une faucille à l’autre. De quoi faire pour du corps à corps avec une plus ou moins longue portée. Mais il pourra tout autant attaquer à distance avec des arcs et des armes à feu, lui octroyant au final un sacré équipement, avec de nombreuses techniques en ressortant.
Mais à l’instar de ses divers concurrents et même des RPG moins action et des BTA moins rôliste, on pourra également associer sporadiquement des pouvoirs élémentaires (eau, électricité… ) à ses armes afin de causer davantage de dégâts. Ce à quoi l’on ajoutera la magie, ainsi que divers objets et l’on obtiendra un soft garni de tout ce qu’il faut pour un bon JDR action. La fabrication est également au rendez-vous et heureusement d’ailleurs, à la vue de la quantité de loots que l’on récupèrera suite à l’annihilation des vilains. Une aventure clairement pas avare en récompenses.

La dimension rôliste est aussi pleinement remplie par des arbres de compétences que l’on prendra soin de découvrir, afin de glaner une grande quantité de coups, que l’on a plaisir à intégrer à nos affrontements tant Nioh sait proposer une gamme d’attaques et de combos sachant combler les joueuses/eurs. Même s’il ne faudra pas trop s’emballer, sans quoi ce sera le game over et la perte de ce que l’on aura gagné, bien qu’il restera un moyen de récupérer nos biens. On vous laisse au moins ce suspens, même si vous vous en doutez certainement si vous vous êtes adonné(e) à un ou plusieurs softs cités précédemment.

Est-ce que tu m’entends, Nioh ?

Comme généralement avec les projets régulièrement repoussés, changeant de mains et tutti quanti, l’aspect technique est le premier à en pâtir. Cela s’avère tout autant le cas avec Nioh, où après autant de temps suite à la sortie de la PS4, on s’attendait à quelque chose de bien supérieur pour une expérience aussi grandiloquente. Néanmoins, la qualité reste amplement suffisante, surtout que l’intérêt ludique et la jouabilité suivent. Soit, une jolie coquille sans plus, mais loin d’être vide et c’est bien là l’important. On relèvera tout de même une superbe direction artistique, mettant notamment en valeur les personnages, ennemis comme alliés. Les décors ne sont pas en reste sur ce point, en sus d’un level design réussi sans être bouleversant.

La bande-son composée par Kanno Yugo s’avère elle d’un haut niveau, sans non plus surprendre. Entre les phases ambiantes tranquilles ou inquiétantes et les passages épiques faisant monter la sauce, on reste en terrain connu. Toutefois, on retrouve un peu d’originalité de par un mélange entre des touches traditionnelles japonaises et une atmosphère plus occidentale.

Sans tout renouveler, Nioh devrait devenir assez marquant dans le milieu du jeu de rôle action, avec des techniques et combos présents en nombre au travers d’une diversité d’armes conséquente, bénéficiant d’arbres de compétences bien tenus. Ajoutez à cela la magie, ainsi que la fabrication d’objets et vous obtiendrez une expérience proposant une grande richesse dans l’approche de ses batailles. Mais attention, car ces dernières s’avèreront relevées et cela mérite d’être pris en compte avant un achat, afin de vous éviter de pester quand il sera trop tard.

Inod

Points forts :
– Les nombreuses alternatives d’armes et les combos en découlant
– Fabrication d’objets, magie…
– Direction artistique

Points faibles :
– Moyen techniquement
– Pas ouvert aux joueuses/eurs de tout niveau

[note] La note : 15/20 [/note]

Développeur : Team Ninja
Éditeur : Sony Interactive Entertainment/Koei Tecmo
Genre : Jeu de rôle action
Support : PlayStation 4
Date de sortie : 08 février 2017

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