Test : Mario & Luigi Superstar Saga + les Sbires de Bowser (3DS)

Au commencement, fut Super Mario RPG – Legend of the Seven Stars, né des efforts combinés de Square et Nintendo à une époque charnière pour la Super Nintendo. Jeu culte, il n’a malheureusement jamais eu le droit à une sortie chez nous. Cette erreur fut fort heureusement rattrapée, grâce à la chaine boutique de la Wii en 2008 et plus récemment, il a été intégré à la liste des 21 jeux de la Super NES Mini.
De ce pilier fondateur naquirent 2 branches parallèles pour cette partie « jeu de rôle » de l’univers Mario : les séries Mario & Luigi et Paper Mario.
Ces sous-séries n’ont que peu en commun, si ce n’est leur système de combat. Elles ne partagent en effet pas le même univers, la même direction artistique ni les mêmes équipes. Intelligent Systems s’occupe de la série Paper Mario en interne, tandis qu’AlphaDream, un studio externe, s’occupe des Mario et Luigi.
14 ans après la première incursion de la série GBA, voici un remake en bonne et due forme du premier Mario & Luigi sur 3DS.

 

Band of Brothers

Notre aventure débute alors que de mystérieux individus débarquent au Château du Royaume Champignon et dérobent la voix pure de la Princesse Peach, après s’être fait passer pour de simples voyageurs venus offrir un présent. Après une petite rixe entre Mario & Bowser, notre moustachu préféré apprend avec stupeur que pour une fois, ce n’est pas le Roi des Koopas le fautif de tout le rififi, et qu’il faudra donc se rendre au Royaume Végélia afin de retrouver les véritables auteurs de cette ignominie.
Bowser mettra alors à disposition son Tortue-Jet afin que nos plombiers se rendent sans heurt dans le Royaume voisin où tous les champignons représentant la matière première de la faune et de la flore ont été troqués pour des Pois.
Malheureusement, Graguémona et Gracowitz, les grands méchants de cette histoire, parviennent à faire se crasher l’aéronef avant que ce dernier n’arrive à bon port.

 

On retrouvera évidemment, au cours de notre épopée, de nombreux visages familiers, notamment les Koopalings, mais qui dit Royaume voisin dit également nouvelles têtes.
À ce titre, la plupart des alliés et des créatures ennemies que l’on rencontrera seront entièrement nouveaux, et les traditionnels Koopa, Goomba, Maskass et autres Boo se feront assez discrets.
Mario & Luigi auront donc pour objectif de sauver la voix de la princesse Peach et d’empêcher les vils plans de conquête du monde par Graguémona d’arriver à leur terme.
Un scénario extrêmement classique et convenu, je vous l’accorde, mais qui sera sublimé par des dialogues et des situations absolument hilarantes tout au long du jeu. De nombreux personnages n’hésitant pas à se lancer dans de longues diatribes sur l’absurdité de leur condition sociale et de leur situation ainsi que des règles régissant cet univers. La galerie de personnages hauts en couleur est absolument délicieuse et il arrive très souvent de rire à gorge déployée devant des textes aussi finement écrits. Peu de jeux Nintendo ont réussi cet exploit (Kid Icarus Uprising est un très récent exemple), l’histoire et les dialogues étant habituellement laissés très en retrait pour privilégier le gameplay, mais RPG oblige, l’univers et l’écriture sont sensiblement plus travaillés qu’à l’accoutumée.

Saga Africa

Passer d’un jeu de plates-formes à un jeu de rôle était, à l’époque de Super Mario RPG, un exercice extrêmement périlleux que les équipes de développement ont réussi avec brio en adaptant les mécaniques traditionnelles de l’univers de Mario, telles que le saut en mécaniques de jeu de rôle intégrées très organiquement à la formule. L’on a affaire ici à un RPG assez classique à priori, avec des combats au tour par tour. Le twist étant l’inclusion d’une partie rythmique à l’ensemble.
En pressant la bonne touche au bon moment (A est dévolu à Mario et B à Luigi), on amplifie les dégâts de ses attaques lorsque c’est son tour de jeu et on peut, à l’inverse, esquiver les attaques adverses lorsque c’est leur tour ou du moins réduire les dommages lorsque l’esquive est impossible.
Cette phase de défense peut notamment se traduire par un saut sur un ennemi qui s’apprêtait à foncer sur nous, esquiver les boules de feu allant dans notre direction ou donner un coup de marteau bien senti à un ennemi tentant de nous feinter, ce qui permet de surcroît d’infliger des dégâts, même quand ce n’est pas notre tour, rendant les combats d’autant plus dynamiques et permettant de les écourter.
Avec cette mécanique toute simple, on évite ici un des écueils classiques du jeu de rôle au tour par tour, la relative passivité du joueur face à l’action.

En dehors des combats, on procède naturellement à des phases d’exploration des différentes zones de jeu qui sont ici particulièrement variées, allant de la montagne à la forêt dense, en passant par la plage et les villes (un classique du bingo des RPG).
Sur sa route, on devra triompher de nombreuses énigmes et précipices en recourant notamment aux traditionnels sauts de Mario & Luigi pour progresser de plates-formes en plates-formes. En combat, on gagne logiquement des pièces d’or servant de monnaie, mais il est également possible d’en trouver en frappant les traditionnels blocs de la série parsemés çà et là sur votre route. Il est possible de gagner en combat ou de trouver dans des blocs de nombreux équipements (gants, salopette, casquette) renforçant vos statistiques et vous conférant divers bonus passifs ou actifs.
Les mécaniques de saut classiques sont ici enrichies par des possibilités nouvelles, permises par la présence du duo.
Très vite, deux personnages apprendront à nos deux frères moustachus comment procéder à un super saut permettant d’aller encore plus haut, mais également à un saut vrillé permettant de planer quelques secondes dans les airs en tourbillonnant.
Le Marteau de Donkey Kong de Super Mario RPG fait ici son retour et permet par exemple de casser des rochers bloquant le passage, mais également de frapper les ennemis à pointes et à pics sur lesquels il est impossible de sauter, enrichissant ainsi sa panoplie d’actions disponibles en combat.
Au fil de sa progression, d’autres capacités seront débloquées et permettront d’accéder à des endroits jusqu’à présent inaccessibles, et d’affronter des ennemis auparavant résistants à nos sauts ou autres coups de marteau.
Les traditionnelles magies consommant des point de Mana sont ici rebaptisées Attaques Frères et nécessiteront une bonne coordination afin d’enchaîner les pressions sur A et B dans le bon ordre, à la manière d’un Quick Time Event. À force de les utiliser, on débloque les versions DX renforcées, et débloquer de nouvelles actions de jeu débloquera également de nouvelles Attaques Frères.
À chaque gain de niveau, nos statistiques vont naturellement augmenter, mais il est également possible de bénéficier d’un bonus supplémentaire grâce à une petite roulette, où là aussi il faudra gérer le rythme afin de grapiller entre 1 et 5 points de plus.
Les statistiques se décomposent de la manière suivante : Points de Santé, d’Attaque, de Défense, de Vitesse, Points Frères, et Points de Moustache. Ces derniers, un peu particuliers, sont à la fois des points de chance permettant de faciliter les coups critiques, mais cela ne s’arrête pas là. Les marchands, face à une moustache soyeuse, seront d’autant plus enclins à vous octroyer des réductions à leurs boutiques et de reprendre plus cher les objets que vous désirez leur vendre.

Végélian Folie

Du côté des nouveautés par rapport à l’épisode originel, le plus évident est la refonte graphique complète pour passer du pixel 2D intégral à des sprites bien plus élaborés et quelques éléments en 3D. Les niveaux sont bien plus riches et remplis et regorgent d’éléments visuels placés un peu partout.
On perd certes le charme du pixel, mais on y gagne en confort visuel, d’autant plus que l’écran de la 3DS est sensiblement plus grand que sur GBA. Beaucoup d’easter eggs ont été planqués partout dans le jeu, notamment dans la maison de Mario, afin de faire référence à ses dernières aventures, en particulier à Mario Maker.
Dans certains blocs cachés, on pourra trouver des musiques à collecter, permettant de les lancer à tout moment dans un jukebox dédié. Par contre, on peut regretter la disparition de Mario Bros, jouable à deux, qui était disponible dans la version d’origine depuis l’écran titre.
De nombreux raccourcis ont été intégrés afin d’accélérer la progression du joueur. X permet de faire un saut simultané pour Mario et Luigi, plutôt que de maintenir A et B en même temps.
Maintenir L et R permettra de revenir au saut de base lorsque l’on navigue parmi les capacités spéciales.
L’écran tactile permettra d’afficher la carte (disponible à différents niveaux de zoom), afficher des raccourcis pour les capacités spéciales plutôt que de naviguer manuellement, et placer des épingles sur la carte pour retenir l’emplacement des endroits inaccessibles pour le moment (pierres à briser, élément du décor bloqué, croix sur le sol indiquant la présence de pois cachés, etc.).
Un mode facile a également été intégré, activable et désactivable à tout moment depuis le menu options et qui sera même proposé en cas de défaite lors d’un combat. Il consiste juste à booster l’attaque et la défense de Mario & Luigi, sans pour autant réduire la fenêtre d’attaque des ennemis.
Contrairement à Dream Team Bros et Paper Jam, cet épisode ne propose pas des dizaines de tutoriels interminables, ces derniers peuvent être zappés lorsqu’on vous les propose et peuvent être lus dans la partie Guides du menu.
À force d’utiliser une Attaque Frères, on débloque sa version DX, parfois plus puissante, parfois permettant de toucher plusieurs ennemis au lieu d’un seul. De quoi pousser à varier les capacités et ne pas toujours utiliser les mêmes.
En outre, le timing des Attaques Frères a été modifié, et désormais on voit un cercle de la couleur du frère en question se réduire pour nous indiquer le bon moment auquel il faut appuyer sur A ou B.

La plus grosse nouveauté de ce remake se situe dans la seconde moitié du titre du jeu, les Sbires de Bowser.
Super Sbires Saga est accessible à tout moment depuis le menu Pause du jeu, une fois passée une certaine étape vers 3 à 4 heures de jeu. Dans ce jeu de stratégie, il faudra tenter de regrouper les membres de l’armée de Bowser dispersés dans le Royaume de Végélia, suite au crash du Tortue-Jet.
On contrôlera donc un leader Goomba qui donnera des ordres à ses petits camarades afin de progresser de niveau en niveau. En recrutant des Koopa, des Boo, des Maskass, les rangs de l’armée grossiront, ce qui permettra de pouvoir répliquer face à différents types d’ennemis.
Un triangle des forces et faiblesses existe entre les troupes d’assaut, ceux ayant des armes de jet et les unités volantes. Entre chaque partie, il faudra donc veiller à ce que son équipe comporte suffisamment d’unités ayant un avantage stratégique sur l’armée adverse, dont on peut voir la composition avant le début de la manche. Certes, les Frères Marto sont utiles face aux Koopa volants, mais il faudra tout de même garder certains Goomba en première ligne, très rapides, afin d’éliminer le gros des troupes au sol. Chacune de ses unités gagne de l’expérience et des niveaux en fin de combat, et il faudra souvent jongler entre les membres de son équipe, car le nombre de places est limité.

Harik Rolled

Le toilettage visuel a fait un bien fou à cet épisode, même si le beau Pixel art avait un charme certain sur Game Boy Advance.
Les nombreux ajouts et modifications pour améliorer l’ergonomie fluidifient l’expérience de jeu et en font, de fait, une porte d’entrée idéale pour tous les nouveaux venus.
En outre, le second écran intégré dès le deuxième Mario & Luigi est un bonus ultra appréciable pour redécouvrir cet épisode et il est certain que ça va manquer sur Switch. Espérons que pour Mario & Luigi 6, la qualité va continuer d’aller crescendo, Mario & Luigi Paper Jam Bros ayant quelque peu déçu, tout comme les récents Paper Mario, en grande partie à cause de la simplification des mécaniques de jeu. Sticker Star et sa suite ayant, sur plusieurs aspects, renié l’aspect RPG, supprimé le gain d’expérience et de niveaux, et découpé l’aventure en petits niveaux de 5 à 10 minutes.
Même si le mode bonus des Sbires de Bowser est assez anecdotique au final, il est plaisant le temps de quelques parties et permet de varier un peu le gameplay en ajoutant une dose de stratégie.
Nous avons affaire ici à un remake d’une très grande qualité, ce qui est, à mon avis, le meilleur épisode de la saga Mario & Luigi. Qu’attendez-vous pour enfiler votre salopette et sauver le Royaume de Végélia ?

Falcon

Points forts

  • Visuellement splendide
  • Les compositions musicales de Yoko Shimomura
  • Toujours aussi hilarant et bien écrit
  • Système de combat gratifiant et bien pensé
  • Énormément de nouveautés et d’ajouts d’ergonomie

Points faibles

  • Super Sbire Saga assez vite répétitif
  • Pas énormément de challenge

[note]La note : 17/20 [/note]

Éditeur : Nintendo
Développeur : AlphaDream
Genre : RPG / Stratégie
Support : 3DS / 2DS
Date de sortie : 6 octobre 2017

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