Test : Kyurinaga’s revenge (PS4)

Les fans de ninja vont être ravis : avec le jeu Kyurinaga’s revenge, vous aurez tout le loisir de comprendre la définition de rapidité et précision. Ici, le studio Recotechnology propose donc un jeu, où non seulement vous jouerez le rôle d’un de ces virtuoses japonais de la dextérité, mais qui vous obligera également à vous transformer en expert du pad, car ne devient pas ninja qui veut !
Lisez la suite, vous allez comprendre.

Un peu d’histoire
L’action se déroule à l’époque où les samouraïs et ninjas régnaient en maîtres sur le Japon. Par contre, ne cherchez pas de référence historique, ici, les personnages sont tous des légumes. Non pas qu’ils soient inertes et flasques, non non non, dans Kyurinaga’s revenge, vous jouerez le rôle d’un oignon ou d’un brocolis, spécialiste des arts martiaux. Vous comprendrez donc qu’ici le jeu ne se prend pas au sérieux, et pourtant…
Je reviens donc sur l’histoire, Kaoru Tamanegi and Broccoli Joe, un oignon et un brocolis s’entraînent sur un parcours de leur école d’arts martiaux, quand tout à coup, leur village est attaqué par une armée d’ennemis. À leur tête, un de vos anciens compagnons d’entrainement : Kyurinaga. De plus, cette ancien frère d’arme est devenu extrêmement puissant et vous terrasse sans même se fatiguer. Heureusement, vous parvenez à vous enfuir, aidé par votre maître vénéré qui vous apprend qu’il faudra aller dans un temple sacré pour aller chercher des armes qui vous permettront de vaincre votre ennemi. Vous aurez donc à traverser plusieurs niveaux regorgeant de pièges multiples, afin de trouver le moyen de détruire Kyurinaga et ses sbires et restaurer la paix. L’histoire est plutôt classique et n’est mise en scène que par quelques dialogues courts en début et fin de niveau. Mais elle se dévoile au fur et à mesure des niveaux avec une forte influence japonaise, ce qui apporte une touche personnelle plutôt agréable. Par contre, on comprend clairement que ce n’est pas l’histoire qui captera l’attention du joueur.
    
Le gameplay
Nous avons ici affaire à un jeu de plateforme de type Die&Retry. Vous jouez donc soit un oignon, soit un brocolis qui seront capables de sauter, faire un double saut et frapper avec leur arme. Pour l’instant, c’est assez classique. Chaque personnage aura aussi une ou plusieurs compétences particulières. Par exemple, l’oignon sera capable de pousser et tirer des caisses de bois afin de monter dessus aux endroits opportuns et continuer la quête, alors que le brocolis pourra jeter des lames pour atteindre des cibles. On se demande d’ailleurs pourquoi ces capacités ne sont pas communes, car lors d’une partie solo, le joueur se contentera de changer de personnage pour résoudre la mini énigme et en multijoueur, un des joueurs entrera en action pendant que l’autre attendra patiemment, sans qu’il y ait coordination.
Mais tout la puissance du jeu repose sur la grande précision demandée aux joueurs. En effet, ici le double saut ne sert pas seulement à atteindre une plateforme un peu plus loin, il sert à atteindre une plateforme vraiment plus loin. Et donc, il ne faudra pas juste appuyer 2x sur le bouton de saut, il faut appuyer une fois, attendre que la distance parcourue soit maximale avant de re-appuyer sur le bouton pour atteindre la plus grande distance possible. Cette précision dans le double devient de plus en plus pointue au fur et à mesure des niveaux, si bien qu’ensuite le double saut servira à changer la trajectoire du saut pour atteindre des plateformes entourées de pièges. Cette difficulté est présente dès le premier niveau de jeu. Autant dire que vous allez mourir souvent. Plus les niveaux défileront, plus il vous faudra comprendre le timing et minuter tous les sauts au 1/10 de seconde pour être sûr de continuer l’aventure, car ici, toute erreur sera fatale. Dans Kyurinaga’s revenge, pas de barre de vie ou de champignons pour vous rendre plus grand. Non, ici, on a qu’une chance, et la moindre faiblesse se paye cher par un retour au dernier checkpoint.
     
On aurait pu également croire que les ennemis se compteraient par dizaines et que vous auriez beaucoup de combats effrénés de ninja. Non, pas du tout, vous ne trouverez presque aucun ennemi. Le jeu, ici, se concentre sur la précision des sauts uniquement. Il y aura de temps à autre des cibles à toucher avec notre brocoli lanceur de couteaux afin d’ouvrir une porte, mais rien de bien difficile. De temps en temps, le jeu lancera une séquence un peu particulière de gameplay, mêlant un jeu de rythme et un jeu de réflexe. En effet, les 2 héros se retrouveront dos à dos et des ennemis attaqueront par la droite ou par la gauche. Vous devrez sélectionner le héros concerné à l’aide des gâchettes et lancer la séquence de touches proposée. Là, ce n’est pas la précision du jeu de rythme qui intervient, mais la rapidité à taper la séquence de touches. Ce gameplay particulier peut être amusant au début, mais devient très rapidement agaçant, car on ne sait jamais d’où vont arriver les ennemis, et il faut sans cesse alterner entre les héros pour voir la séquence apparaître. Sans parler du fait, que lorsqu’une séquence est loupée, l’ensemble des ennemis arrivant sur le héros ne peut plus être arrêté. Résultat, le sentiment d’impuissance et l’énervement arrivent rapidement. Même constat en ce qui concerne les boss qui sont pourtant originaux et immenses. Il faudra, par exemple, parcourir le niveau en fuyant le boss qui roule derrière vous sans vous faire rattraper sous peine d’écrasement, ou alors faire tomber des pierres sur lui tout en évitant les attaques… Mais là encore, même constat de difficulté et de précision, il vous faudra trouver le timing parfait pour passer la séquence, et entre temps, vous allez mourir énormément.
Ce besoin de grande précision fait que même si le jeu propose du multijoueur, je vous conseille fortement de ne pas tenter l’expérience. Ne pensez même pas jouer avec votre petit frère ou petite sœur, sous peine de devenir fou. En effet, le jeu ne fait pas de cadeau, dès qu’un des joueurs meurt, c’est fini, il faut recommencer, il n’y a pas de possibilité d’attendre le retour du joueur maladroit. J’ai joué avec mon fils, qui pourtant termine la famille des « mario » et après 1 heure de jeu, nous n’avons tout simplement pas réussi à passer le niveau 1 en mode facile.
    
D’ailleurs, en ce qui concerne les niveaux, ils sont longs, très longs pour un jeu de plateforme. Vous aurez besoin de 20-30 minutes pour arriver au bout de chacun d’eux, en supposant que vous ne mouriez pas. Ce qui se traduit par un sentiment de frustration par le joueur, qui non seulement a du mal à avancer, mais en plus, n’en voit pas la fin. Les checkpoints sont relativement éloignés, et mourir devant un checkpoint vous rendra fou !
Un autre aspect agaçant est la longueur des pièges. Je m’explique : à un moment, vous aurez un champ de piques qui surgissent du sol toutes les 5 secondes pour une durée de 2 secondes. Il vous faudra pousser une caisse et juste avant que les piques ne sortent, sauter sur la caisse pour éviter la mort, et ensuite redescendre pousser la caisse et avancer. Le concept est simple et au bout de 3 fois, on a bien compris et on ne meurt plus. Par contre, le champ va durer encore plusieurs minutes. Il vous faudra faire cette séquence une dizaine de fois pour arriver au bout… Quel agacement ! surtout si sous le coup de l’énervement, vous mourez, car vous avez mal minuté le retour des piques !
Clairement, le gameplay est orienté pour un type précis de joueurs : patient et persévérant.
    
Un peu de technique
Sur le plan des graphismes, la direction artistique s’est inspirée de l’esprit crayonné des mangas japonais, avec des visages très marqués, des couleurs fades, et des expressions dures, ce qui contraste avec l’esprit drôle de jouer des légumes ninjas. Personnellement, ce décalage ne m’a pas emballé et donc, je n’ai pas accroché sur l’approche graphique qui reste, du coup, assez sommaire. Peu de mouvement dans les décors ou d’effets visuels. En tout cas, on peut être sûr que la PS4 ne va pas trop chauffer. Même déception sur l’ambiance sonore qui reste plate et sans saveur.
En ce qui concerne le durée de vie, le jeu se décompose en 12 niveaux de 20 minutes, si vous ne mourez pas. Du coup, le jeu n’est pas très long dans l’absolu, mais je vous garantis que vous ne terminerez pas d’une traite. Vous allez beaucoup mourir, y compris en niveau facile. Oui, le jeu est difficile, et il faut être vraiment persévérant pour vouloir le terminer. Donc, la durée de vie peut être longue si vous ne craquez pas avant.
Le jeu propose un mode à 2 joueurs, mais qui n’apportent rien du tout, voire qui aura tendance à vous fâcher avec votre partenaire, car il n’existe aucune coopération entre les joueurs ; si un des 2 meurt, le jeu s’arrête pour les 2.

Pour conclure.

Kyurinaga’s revenge est donc un jeu de plateforme assez commun sur le plan des idées, mais dédié aux hardcore gamers. Ceux qui n’ont pas peur de mourir et qui vénèrent la haute précision. Les fans de Mario vont très vite craquer, car le jeu n’accepte aucune erreur et demande un précision d’horloge. Seuls les plus persévérants apprécieront le challenge, les autres abandonneront à cause des checkpoints trop éloignés, et le manque de rythme.

Acerico

Points Forts
  • idée des légumes ninjas marrante
  • Une difficulté intéressante
  • Les boss sont sympas.
Points Faibles
  • Des checkpoints éloignés avec des longueurs
  • peu d’originalité
  • Un multi qui ne sert à rien

[note]La note : 11/20[/note]

Développeur : Recotechnology  
Genre : plateforme / Die&Retry
Plateforme : PS4
Date de sortie : 25 octobre 2016

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