Test : FURI (PC – Steam)

Furi_PC_logoVous trouvez que les jeux d’aujourd’hui sont trop faciles, vous êtes en manque de challenge ?… Bonne nouvelle ! Le studio français, The Game Bakers, qui était plutôt orienté jusqu’à maintenant jeux sur plateforme mobiles, bascule sur PC et consoles pour nous proposer FURI, pour un défi qui fera appel à toute votre hargne dans un jeu de combat résolument difficile. Alors, est-ce que cette incursion dans le monde des vrais gamers est une réussite ? Est-ce que la difficulté rend le jeu frustrant ? Réponse tout de suite.

Un peu d’histoire

Fan de scénarios où vous entrez sans contexte et découvrez l’histoire au fur et à mesure, vous allez être servi :
Vous vous réveillez enchaîné dans une prison, face à un gardien qui manifestement vous voue une haine immense. Après un monologue de votre geôlier, un étrange personnage vêtu d’un masque en forme de tête de lapin vous délivre, vous donne un katana et un flingue et vous propose de fuir de cette prison ensemble. Pour ce faire, rien de plus simple, il suffit de traverser les différentes mondes qui sont en fait votre prison, et de tuer le gardien de chacun de ces mondes.
Qui êtes-vous ? Pourquoi étiez-vous enchaîné ? Pourquoi vos geôliers vous détestent-t-ils tant ? Qui est cet « ami » à masque de lapin ? Une foule de questions à éclaircir ! Mais attention, vous n’aurez pas de réponses à toutes ! Néanmoins, je vous garantis un final grandiose ! De plus, vous aurez droit à plusieurs fins en fonction des choix que vous ferez.
Dans un style très torturé, d’inspiration avouée japonaise, votre héros qui ne dit pas un mot va enchaîner les arènes de combat, entrecoupées de phases de monologue de votre partenaire à tête de lapin qui vous expliquera, au fur et à mesure, la personnalité de vos adversaires et distillera au goutte à goutte l’histoire.
L’hommage à l’esprit nippon se voit également par le choix dans les doublages, car avant de lancer le jeu, on peut choisir entre les dialogues français, anglais, mais aussi japonais. Du pur fan service, mais toujours efficace.
La mise en scène n’est pas non plus en reste ; les plans de caméra lors des séquences narratives sont particulièrement bien inspirés et immergent le joueur dans ces mondes arides, mais sublimes.

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Le gameplay

Comme vous l’avez compris, nous avons affaire à un « boss rush », c’est-à-dire que vous devrez enchaîner des monstres de fin, et la difficulté qui va avec, un par un. Chacun d’eux a plusieurs phases de jeu différentes, symbolisées par des carrés représentant des manches. Si vous videz la barre de vie du boss, vous passerez à la manche suivante et vous récupérez toute votre vie, mais là, les comportements du monstre seront totalement différents. Par contre, si c’est lui qui vide votre barre de santé, vous perdez une vie et il faudra recommencer la manche courante au début, car le boss récupérera lui aussi toute son énergie.
Le principe est simple, mais diablement efficace en terme de satisfaction personnelle, car à chaque manche, vous vous prendrez forcément une raclé en début de combat, le temps de comprendre comment percer la défense du boss ainsi que ses nouvelles attaques. Et si vous ne lâchez rien, quel bonheur alors d’enchaîner un combo ravageur pour achever cette manche en beauté ! Eh oui, on en revient à : « plus on souffre pour gagner, plus la victoire est belle et grisante ».
Il faut l’avouer, la grande magie de FURI, c’est que l’apprentissage du joueur est permanent, donc il devient plus fort, plus rapide, les réflexes s’affûtent et finalement, après un temps plus ou moins long, remporte une victoire qu’il ne doit qu’à ses tripes ! Je vous assure : ça marche ! Au début de chaque manche, on trouve vraiment que cette phase est trop dure, puis après un ou deux essais, on arrive à porter quelques coups, et là tout s’enchaîne, on comprend comment fonctionne le boss et il faut garder sa concentration au taquet pour ensuite concrétiser notre stratégie.

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On remarque 2 types de combats :

– Le combat au flingue où le boss vous tiendra à distance, tout en vous envoyant une multitude de projectiles. Il faut courir et dasher pour tout éviter en essayant de trouver le bon moment, ou le bon moyen (car il est possible de charger ses tirs) pour riposter.
– Le combat en combat rapproché, où il faudra bien comprendre le pattern de combat du boss pour y trouver la faille, tout en évitant ou parant les attaques.

Furi_PC_Closecombat

Bien sûr, chaque boss est lié à son arène et a son style de combat, c’est pourquoi, pour certains, il faudra se dissimuler, fuir et surprendre, alors que pour d’autres, la force brute composée de contre-attaque sera la bonne technique.
Il est aussi possible de charger ses coups, ce qui multiplie d’autant les possibilités. Chaque zone a ses propres caractéristiques, sa propre identité, allant d’un décor très artificiel inspiré de TRON, jusqu’à un paradis verdoyant, en passant par une ville en ruine. La découverte de ces zones se fait lors de la transition d’un boss vers un autre, où l’histoire se dévoile, et ces phases qui peuvent être agaçantes d’un premier abord, plongent vraiment le joueur dans l’ambiance du boss à venir. Réellement, ne les regardez pas avec énervement, admirez-les, car elles contribuent énormément à comprendre la personnalité des ennemis.

Dans FURI, il n’y a pas de bonus à trouver, d’aptitude à débloquer ou d’armes à acheter. Toute la progression de skill du jeu se trouve en vous : dans votre apprentissage, dans votre capacité à comprendre une situation rapidement et dans l’amélioration de vos réflexes. Ici, on est loin d’un jeu de combat bourrin, il faut gérer votre stress, analyser et contre-attaquer. Tout craquage de votre part se paiera au prix fort. Exemple typique : à chaque provocation de votre adversaire qui baissera volontairement sa garde, vos mauvais réflexes de joueur d’easy game vous pousseront à attaquer. Malheureusement, vous aurez droit systématiquement à un contre, suivi d’un combo ravageur. Donc, n’attaquez que si vous êtes totalement sûr de toucher. Oui, oui, oui, je vous le dis, vos nerfs seront mis à rude épreuve, mais pour une satisfaction ultime.

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Le côté technique

En ce qui concerne la bande sonore, les bruits venant du décor et des combats sont très basiques, pas d’effet sonore particulier. Par contre, on peut mettre en avant les musiques qui sont tout simplement excellentes, dignes d’une bande originale de film (avec un vrai coup de cœur pour le niveau 3). Eh oui, ça aide d’avoir fait appel à de grands noms de la scène électro du moment : Carpenter Brut, Danger, The Toxic Avenger, Lorn, Scattle, Waveshaper et Kn1ght. Les doublages sont également de bonne facture. Résultat, les personnages gagnent énormément en personnalité et les combats, déjà nerveux et dynamiques au possible, n’en sont que magnifiés.

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Sur le plan de l’esthétisme, le style graphique est particulier, avec un nombre de couleurs très limité en cellshading. Cela donne un rendu très dépassé sans être rétro. Donc le premier sentiment est la perplexité.
Néanmoins, c’est le créateur d’Afro Samourai, Takashi Okazaki, qui est aux commandes, donc on reconnait un style bien à lui. De plus, lors des phases de déplacement hors combat, l’animation du héros est très raide et limitée. Mais ne vous arrêtez pas à cette première impression, dès que les combats commencent, tout devient fluide et rapide, sans chute de framerate et c’est ce qui est important, car c’est là que le vrai jeu commence. Tant pis pour le côté bling-bling qui n’est finalement que du détail.
Je ne reviens pas sur la grande difficulté du jeu, mais il faut préciser que la difficulté n’est pas bêtement un réajustement mathématique : boss plus résistants, moins de vie… non, non, non. Ici, plus difficile signifie que le boss va réagir différemment à chaque fois : nouvelles attaques, nouveaux contres et qu’il sera plus difficile de trouver la faille.
Mais le jeu est tellement bien construit en terme d’apprentissage du joueur que la difficulté n’est jamais frustrante. Ici, on ne meurt pas par hasard, ici on meurt parce qu’on s’est loupé, notre concentration a baissé, on a craqué. Dans ce cas, soit on insiste pour repousser nos limites, soit on fait une pause avec l’irrésistible envie d’y retourner une fois reposé. La durée de vie ne veut pas dire grand chose ici, car tuer les boss un par un ne prend que quelques minutes, mais dans FURI, vous allez mourir, re-mourir et re-re-mourir, donc le jeu se termine réellement plutôt en plusieurs heures.
De plus, le jeu est vraiment rejouable, déjà car essayer les différents niveaux de difficulté renouvelle totalement les boss, mais aussi car il y a 3 fins différentes.

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Pour conclure

Si, vous recherchiez un jeu de combat (mais pas en versus, plutôt un « boss rush ») qui permet des parties rapides, mais extrêmement intenses, plein de challenge et d’adrénaline, FURI est fait pour vous. Avec un style graphique propre et une musique excellente, le dernier né des studios « The Game Bakers » vaut vraiment le détour. Ce jeu requiert de la rapidité, des réflexes, de la stratégie, mais surtout, les développeurs réalisent ici un tour de maître avec une parfaite maîtrise de la courbe d’apprentissage du joueur. Résultat, on souffre, on veut quitter le jeu d’un geste rageur, mais on relance une dernière partie pour la route, on ne re-commet pas les mêmes erreurs, finalement on explose le boss dans un combat épique, et là, la satisfaction, que dis-je la jouissance de la puissance est totale !
En plus, FURI est dans la sélection des jeux du mois de juillet du Playstation Plus. Ne passez pas à côté !

Acerico

Points Forts

  • Des combats nerveux avec des stratégies variées
  • Tellement simple d’accès pour les personnes qui n’abandonnent pas, malgré une difficulté si grande
  • Et surtout, tellement gratifiant de gagner après avoir durement lutté !
  • Une bande musicale excellente

Points Faibles

  • Une technicité graphique un peu limite qui laisse perplexe.
  • Une difficulté qui peut faire peur, mais il ne faut pas avoir peur de recommencer.
  • Des phases narratives entre combats qui peuvent agacer par leur esprit : long monologue.

[note]La note : 17/20[/note]

Éditeur : The Game Bakers
Développeur : The Game Bakers
Genre : Combat, Boss rush
Plateforme : PC (Steam), PS4
Date de sortie : 5 juillet 2016
Lien
http://www.furigame.com

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