Test : Everybody’s Golf VR (PS4) retourne un peu trop aux sources

Une nouvelle dimension pour un nouveau type de contenu. Un slogan qui marcherait aussi bien pour le passage à la VR que de la PS1 à la PS2

La série à succès de Clap Hanz débarque dans un nouvel opus, dédié cette fois-ci à la réalité virtuelle. L’occasion rêvée pour allier les qualités indéniables de leur série, le talent d’une équipe qui produit des jeux de golf depuis vingt ans et l’immersion à la pointe de la technologie. Sauf qu’un meeting a dû capoter à un moment pour finalement proposer, au lieu des simulations compliquées habituelles, une espèce de collection d’accompagnatrices féminines qu’on admirera sur trois terrains différents. On ne peut même pas regarder sous les jupes, l’arnaque totale.

 

Un jeu qui roule des mécaniques

S’il y a bien un point où Everybody’s Golf VR ne nous tire pas une balle dans le dos, c’est sur le gameplay. Toutes les manières de jouer auxquelles vous pourriez penser sont disponibles : assis ou debout, avec la manette originale DualShock 4 ou un PS Move. Bien qu’on recommande d’enlever vos fesses du canapé pour profiter pleinement de l’expérience, la caméra à l’angle de vue étroit de la PlayStation 4 n’a pas forcément les capacités de vous voir debout, la tête en l’air et les bras près du sol. De la place est à prévoir, ce n’est rien de le dire, ainsi qu’une tête bien musclée pour supporter le casque PSVR ayant tendance à glisser un peu partout quand on tourne la tête constamment pour préparer son coup.

Le Move reste amplement préférable, mimant à la perfection un club de golf se transformant en une tablette remplie d’informations dès qu’on la soulève devant notre nez. La DualShock 4 marche, elle, plutôt comme le pointeur d’une Wiimote, où les différents mouvements sont en fonction de l’endroit où vous visez sur l’écran, plutôt qu’une vraie reconnaissance des gestes. Un peu comme une souris, si vous préférez. On est d’accord que ça craint un peu, mais ça a le mérite d’être là pour celles et ceux qui ne veulent pas dépenser des milles et des cents dans des contrôleurs bientôt désuets.

Quelle que soit votre façon de jouer, le titre se manie habilement bien pour des sensations vraiment au rendez-vous, du moment que la caméra réussit à vous voir. Jamais un Everybody’s Golf n’aura été si intuitif : point de jauge de puissance ou d’angle de visée, tout se fait en secouant sa manette dans la direction souhaitée. Bon, ce n’est pas non plus si naturel que ça, notamment à cause de distances un peu dures à appréhender, mais on s’y fait rapidement et les parcours s’enchaînent à toute vitesse… voire même un peu trop vite.

Dead or Alive X, est-ce toi ?

J’ai eu des doutes sur la nature perverse du titre dès le premier intervenant humain qu’on rencontre. Une femme déjà, soit, mais qui agit plus comme une caddie ultra mignonne et pas une professionnelle prête à vous entraîner. Le menu principal où l’on peut changer de partenaire rajoute du poids à ma théorie : que des femelles de boobies vêtues. Puis vint le moment où je me suis retrouvée à échanger des confiseries avec elle en gros plan. On peut également habiller sa waifu préférée comme on le souhaite afin de l’admirer sous toutes les coutures. À ce niveau, vous comprenez mieux qu’on se demande pourquoi la caméra s’assombrit dès qu’on souhaite en savoir plus sur son anatomie. En bref, Summer’s Lessons faisait très bien le travail du jeu pervers, on avait pas spécialement besoin de ça ici…

Cette présence envahissante de fétichisme féminin est probablement là pour palier le contenu rachitique du soft de Clap Hanz. Après un tutoriel inutilement long et ennuyeux, on nous offre la possibilité de taper dans la balle sur pas moins de trois terrains différents. Ne cherchez pas l’endroit caché surprise, ici se trouve l’intégralité du contenu. Everybody’s Golf VR ressemble alors plus à une démo technique ou un mini-jeu façon Wii Sports plutôt qu’à une véritable itération de la série phare. Le tout est également graphiquement assez grisonnant et fade, une première pour un titre brillant généralement de mille feux.

Le comble reste que le titre est vendu 30 € à sa sortie. Soit une ribambelle de DLC est à prévoir, soit il ne s’agit ici que des bases pour une suite qui s’annonce bien plus solide que la collection de filles qu’on nous propose. Everybody’s Golf VR est un très bon jeu de golf aux mécaniques poussées et parfaitement rodées, mais qui ne propose malheureusement rien d’autre d’intéressant. À se procurer à petit prix.

Marynou

Points forts :

– Immersif
– Complexe
– Mécaniques bien trouvées

Points faibles :

– Aspect dating Sim inutile
– Très peu de contenu
– Gris et triste

LA NOTE : 12/20

Développeur / Éditeur : Clap Hanz / Sony Entertainment System
Genre : Sport, Golf
Support : PlayStation VR
Date de sortie : 22 mai 2019

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