Test : Demetrios The Big Cynical Adventure

Dans le monde des Point’n Click, Demetrios The Big Cynical Adventure ou Le Voyage d’un Idiot compte bien se faire une place au chaud en proposant aux joueurs une aventure décalée. Venez vite découvrir ce petit jeu indépendant qui a tout d’un grand !

Une aventure décalée

Bjorn Thonen est un antiquaire parisien d’une trentaine d’années. Un raté qui n’a pas de copine et raisonne comme un tambour. Une nuit, il entend du bruit dans son appartement et comprend qu’il se fait cambrioler. Le voleur l’assomme et, à son réveil, Bjorn constate qu’il manque une tablette à une statue bizarre achetée récemment. En faisant quelques recherches, il constate qu’un antiquaire, possédant une statue similaire, a été tué peu de temps auparavant. Bjorn va donc chercher à en savoir plus sur cette mystérieuse statue, entraînant avec lui sa jolie voisine et sa gamine insupportable dans une parodie d’aventure épique.

Car Demetrios n’est pas un point’n click comme les autres : le ton est volontairement irrespectueux. De ce fait, ce jeu est destiné à un public mature. Mais ce n’est pas vulgaire et débile : c’est assumé, et le ton fait souvent penser à South Park. Comme dans cette célèbre série, il y a de nombreux clins d’œil à d’autres jeux et séries (Minecraft, Candy Crush Saga, Uncharted, Les Feux de l’Amour et j’en passe) disséminés un peu partout dans le jeu. L’humour, un peu trash, fait souvent mouche surtout parce qu’on a accès aux pensées des différents personnages, ce qui permet de créer un contraste entre ce qui est dit ou fait et ce qu’ils pensent vraiment. Pour les plus jeunes, on peut régler le degré de vulgarité du jeu, mais même au niveau le plus élevé ce n’est pas trop choquant. Il y a souvent un petit détail dans le décor qui peut faire sourire le joueur !

 

Un point’n click solide

Découpée en 6 chapitres, l’aventure reste relativement classique mais très bien pensée. Chaque écran fixe fourmille de détails et d’éléments avec lesquels interagir. Si on a peur d’en oublier, il suffit d’aller dans la barre de menu en haut de l’écran pour pouvoir visualiser tous les objets à manipuler. Bien pratique pour vérifier si on a touché à tout ! On peut examiner tous les objets et beaucoup d’éléments déclenchent des boîtes de dialogue assez rigolotes. L’aventure est donc très plaisante, même si parfois cela fait très cliché.

Pour avancer, il faut donc résoudre de nombreuses énigmes en trouvant dans quel ordre interagir avec les objets ou les personnages, trouver des objets et les utiliser correctement ou les associer pour en créer de nouveaux beaucoup plus utiles. C’est varié et cela fait réfléchir. Les menus sont clairs, très accessibles, pratiques, parfaits. Quand on a l’impression d’être bien coincé, on a la possibilité de manger un cookie, ce qui débloquer des indices sur ce qu’il reste à effectuer pour avancer. Bien pratique, à condition d’avoir trouvé assez de cookies. Les 5 premiers chapitres sont tous plus ou moins sur le même modèle et font surtout voyager le joueur. Le sixième et dernier chapitre, en revanche, est plus dense et plus trépidant, un peu comme dans les romans d’aventure où tout s’accélère à la fin.

De temps en temps, le joueur est amené à participer à des épreuves un peu spéciales : machine à pince pour attraper des cadeaux à la fête foraine, flipper de la mort, course de chevaux ou de vers de terre, tir sur des animaux ou lancer d’assiettes sur cibles et bien plus encore. Non seulement ces défis sont déjantés, s’intégrant parfaitement au jeu, mais en plus ils sont variés et suffisamment bien dispersés dans le jeu pour briser un peu la lassitude. En plus de ces mini-jeux, il y a quelques petites choses à collectionner.

Un jeu pour les collectionneurs

En dehors de la quête principale et des mini-jeux, il y a deux grosses quêtes secondaires : la recherche des cookies et celle des game over. A l’inverse de la plupart des jeux, dans Demetrios le joueur est amené à chercher toutes les façons de perdre. Car Bjorn a souvent des idées bizarres, comme vérifier si mettre les doigts dans une prise est mauvais pour la santé ou photocopier ses fesses ! Souvent, donc, cela va produire un effet désastreux comme la mort ou la prison, conduisant irrémédiablement à un Game Over, accompagné d’une description assez rigolote. Le but est donc de dénicher toutes ces façons de perdre, car le jeu les sauvegarde. Tout trouver ne sera pas facile !

En ce qui concerne les cookies, qui donnent de précieux indices sur la façon de progresser, il en existe 3 sur chaque écrans fixes. Ces derniers sont souvent bien cachés. Comme ils sont minuscules, on passe souvent à côté sans les voir. Il faut donc balayer lentement l’écran afin de tomber sur un « ? » signalant la présence d’un cookie. Pour rester dans l’esprit du jeu, les cookies sont toujours dans un état plus ou moins pitoyable, ou dans des endroits crades. Il faut être courageux, ou totalement inconscient, pour ensuite les manger, mais c’est pour ça qu’on aime Demetrios !

Plus on avance dans l’aventure et plus on gagne de points à échanger contre les musiques du jeu, des mini-jeux et un bon nombre de dessins tous accessibles depuis le menu Bonus. De quoi faire vraiment plaisir aux collectionneurs !

Un bon jeu indépendant ET français !

Demetrios est un jeu 100% indépendant et 100% français développé par une seule et même personne : Fabrice Breton. On pourrait donc craindre pour le jeu, mais il n’en est rien. Les graphismes sont très agréables, de style BD, et les bruitages et musiques rigolos même si certains peuvent les trouver un peu répétitifs. Dans l’ensemble, c’est du très bon travail même s’il reste quelques petits bogues de temps en temps comme le flipper de la mort qui peut planter ou le menu des bonus qui crashe.  Tous les textes sont en français, ce qui est vraiment très agréable, même si quelques fautes sont visibles de temps en temps.

Jusqu’au bout, Demetrios assume son statut de Point’n Click insolent et trash, et c’est ce qui rend son anti-héros attachant. Même le générique est un clin d’œil à un célèbre jeu musical de Konami ! Comptez entre 8 et 12 h pour boucler le jeu, selon le nombre de cookies utilisés pour avancer, ce qui est très correct. Une fois l’aventure terminée, il est possible de recommencer depuis le chapitre de son choix. Les cookies et game over débloqués ne sont pas perdus, ce qui permet de tenter de finir le jeu à 100%, pour ceux qui veulent tous les trophées/succès. En résumé, même si Demetrios est un jeu indépendant développé par une seule personne, il n’a rien à envier à de grosses productions et permet de passer un très agréable moment. Sans vouloir chambouler les Point’n Click, il apporte un peu de fraîcheur à la South Park pour le plus grand plaisir des joueurs. Demetrios est une très bonne surprise qu’on ne peut que vous conseiller d’essayer.

Enguy

Points forts :

– Une insolence totalement assumée
– De nombreux clins d’œil
– Les mini jeux, les cookies, les game over
– Version française intégrale

Points faibles :

– Aventure un peu courte
– Quelques bogues et fautes horribles
– Musiques un peu répétitives

[note]LA NOTE : 15/20[/note]

Développeur / Éditeur : Cowcat
Genre : aventure, point’n click
Supports : PC, PS4, PS Vita, Xbox One
Date de sortie : 31 mai 2016 (PC), 6 décembre 2016 (PS Vita), 1er août 2017 (PS4), 2 août 2017 (Xbox One)

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