Test : Citizens of Earth (3DS – eShop)

citizens-of-earth-3ds-jaquette-cover-01Si nous sommes gâtés en jeux de rôle de qualité, les univers restent néanmoins bien souvent axés sur des univers de fantasy/heroic fantasy très typés et ce, même lorsqu’ils ne sont pas développés au Japon. Atlus, qui fait régulièrement bouger les choses quitte à en chambouler le public, nous propose par le biais d’Eden Industries un RPG dans un monde réaliste, teinté de politique contemporaine. Comme son nom l’indique, pas de batailles dans une autre galaxie face à des monstres venus de planètes imaginaires dans Citizens of Earth, quoi qu’avec les politiciens…

Politique nerveux

Début classique de RPG, vous êtes paisiblement en train de dormir, lorsque tout à coup une force mystique vous réveille : votre mère ! Vous avez été élu vice-président de la Terre la veille et il faudrait songer à commencer à travailler, mais vous préférez vous la couler douce.
Pas fastidieux lors de ses premières minutes, point faible de la plupart des logiciels du genre, l’humour est omniprésent durant celles-ci et tout au long de l’aventure. Sans vous gâcher les situations et les dialogues (doublés en anglais et sous-titrés en français, rarissime) les développeurs ont mis le paquet dans tous les recoins humoristiques possibles. D’emblée, vous ramasserez, si le cœur vous en dit, vos chaussettes et arrivé à votre slip, vous déciderez de laisser ça à votre mère, classe !
Tout un tas de références est également au rendez-vous, de votre tablette Upad, jusqu’au café MoonBucks. Malheureusement, parfois cela peut devenir trop insistant, à plus forte raison lorsqu’elles sont aussi basiques. On comprend qu’il soit nécessaire de laisser des blagues accessibles à toutes et à tous, mais faire dans le trop facile en un espace temps réduit peut légitimement devenir agaçant et gâcher l’ensemble qui est vraiment amusant.

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Monsieur le Vice-Président, je ne suis pas sur Terre pour tuer des pauvres gens

Bien que l’ambiance du jeu soit originale, son déroulement est en revanche plus classique et ne déroutera pas un habitué des RPG. On vous demandera continuellement de trouver ceci à l’autre bout de la carte, puis de revenir afin de finaliser la quête et obtenir une récompense. Cette dernière s’avérant souvent être l’acceptation du NPC d’un instant à rejoindre votre équipe. Un point extrêmement important, puisque COE propose un large panel de compagnons très clichés (conspirationniste, flic, notre plus grande fan possédant la figurine ballerine à notre effigie… ), même si les combats réduisent l’escouade à trois personnages lors de ceux-ci comme souvent dans les jeux de rôle. On regrette de ne pas pouvoir davantage contrôler ces multiples héroïnes et héros de la vie, la vraie. De par la quantité d’humour et de second degré introduits, l’attachement est possible et pousser cette relation en accentuant la nécessité de les utiliser aurait été intéressant.

De cette foultitude de citoyens prêts à vous donner un coup de main moyennant une aide préalable de votre part, rien n’étant gratuit dans ce monde cruel, découle l’attrait pour son système de jeu simple mais se démarquant d’une certaine manière. Car si l’on a l’habitude des attaques au corps à corps, magies, transformations… l’univers et ses personnages changent cette classique donne.
Ainsi, vous pourrez vaincre vos ennemis (citoyens mécontents, créatures mutantes… ) tel un politicien à coups de techniques verbales (sermon, discours… ) ou physiques (dont des prises de catch). Et ce, sans jamais se salir les mains, vos compagnons s’en occupant à votre place. Tout cela au tour par tour, à l’ancienne, si l’on ose dire.
Les points d’énergie sont évidemment importants, car arrivés à néant vous retournerez au dodo. Là encore, la nuance par rapport aux autres jeux vient de son enrobage humoristique très pop culture, puisque parmi ce que vous pourrez acheter afin de notamment reprendre des forces, vous retrouverez des Thé Chaï Expresso et autres Latte. L’empire du café prendra d’ailleurs un rôle prépondérant dès le début de votre loufoque aventure
Il reste agréable de participer à ces affrontements, car l’on désire découvrir les diverses capacités de nos amis d’infortune, néanmoins ceux-ci sont vraiment trop fréquents et peuvent ainsi lasser et enrayer l’expérience. Cette dernière demandant déjà de beaucoup fouiner et de réaliser des allers-retours incessants, comme dans tout RPG. Il aurait donc été bienvenu d’alléger cette partie.

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Cité zen

Trop souvent, nous devons déplorer l’absence de localisation dans les jeux de rôle, bloquant l’envie de nombreuses personnes d’en acheter, la compréhension étant primordiale. Bonne nouvelle pour une fois, puisque Citizens of Earth est en français dans ses menus, explications, sous-titres… Les nombreuses blagues fonctionnant, on se doute que le travail de traduction fut sérieux, bien qu’il subsiste des erreurs, mais peu à la vue de la quantité de texte présente.
Concernant son doublage intégral et donc colossal, seul l’anglais est présent, mais il est de très bonne qualité. On a l’habitude des voix américaines trop marquées super héros, avec un ton si spécifique, mais ici nous y échappons fort heureusement. Cela une nouvelle fois grâce à cet humour omniprésent, délivrant des personnages hauts en couleurs et caricaturés au maximum dans leur manière de parler. Ne serait-ce que le côté hautain et à la fois naïf de notre vice-président est savoureux et risible à souhait.
Cette identité décalée se retrouve également dans l’aspect visuel cartoon ultra coloré, avec des personnages très stéréotypés.

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Bouffée de fraicheur dans le jeu vidéo, par une expérience drôle teintée de second degré dans un univers contemporain. Citizens of Earth se démarque et mérite amplement que l’on vote pour lui.

Inod

Points forts :
– Univers original
– Humour
– Sous-titres en français
– De nombreux personnages jouables

Points faibles :
– Fréquence des combats trop régulière
– Personnage phare imposé, un homme caucasien comme bien souvent

La Note Gamingway : 15/20

Développeur : Eden Industries
Éditeur : Atlus
Genre : Jeu de rôle (RPG)
Supports : 3DS/2DS (eShop), Wii U (eShop), PlayStation 4 (PSN), PlayStation Vita (PSN) et PC (Steam)
Date de sortie : 22 janvier 2015

  • Twinsunnien04/02/2015 à 20:14Permalink

    Je me demandais ce que c’était ce jeu. De quoi il en retournait. Je m’aperçois que ça ressemble à un Mother/Earthbound en fait, et ça peut m’intéresser. Le défaut de combat trop régulier, c’est à l’ancienne quoi, les FF et DraQue avaient des combats fréquents, donc pour les fans de RPG ça le fait quoi. Je m’y pencherai sérieusement dessus quand je ne saurai pas quel jeu acheter tiens. Merci Inod ^^.

  • Inod04/02/2015 à 21:12Permalink

    C’est tout à fait ça. Donc quand t’apprécies le jeu de rôle à l’ancienne comme la moutarde au moins tu sais que ça devrait le faire, mais dans un univers qui change. Car vraiment il y a trop de jeux se ressemblant dans ce genre. En fait c’est développé par un studio canadien indé, donc ils y ont mis leurs réfs bien occidentales… & surtout bonne traduction, c’est déjà rare une trad tout court.

    Petit plus : on peut donner le nom de son choix aux personnages, amusez-vous lectrices et lecteurs (mais surtout lectrices) à les affubler des noms de la rédac de Gamingway. Donnez mon nom à une femme SVP.

  • Sironimo05/02/2015 à 10:38Permalink

    … Les délires cheloux d’Inod ^^;

    Sinon pour info il existe une version Wii U du jeu et le test arrive bientôt aussi. La comparaison vaux peut-être le coup :)

  • Inod05/02/2015 à 10:45Permalink

    D’ailleurs il est sur pas mal de machines.
    Son style se prête bien aux consoles portables, comme c’est plus rigolo/mignon que débauche d’effets.

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