Test : Atelier Shallie : Alchemist of the Dusk Sea (PS3)

atelier_shallie_jaquetteCélèbre série de RPG où l’alchimie est reine, Atelier étoffe son « spin off » Dusk par un troisième opus, enfin disponible sur les PS3 européennes grâces aux efforts conjoints de Gust et de Koei Tecmo. Non localisé en français, cet Atelier Shallie : Alchemist of the Dusk Sea propose aux joueur d’incarner deux jeunes filles qui partagent le même surnom. Simple coïncidence ou destin partagé ? Le jeu dispose-t-il d’atouts suffisants pour convaincre les joueurs occidentaux ? Des éléments de réponse un peu plus bas.

Le crépuscule s’étend sur le monde

Un RPG japonais ne serait rien sans un scénario apocalyptique et la série Dusk n’échappe pas à cette règle. Le monde s’assèche sans raison, les mers deviennent des déserts où les ossements d’immenses créatures marines forment des paysages désolés. L’eau devient une denrée dont la raréfaction menace les villes sans que l’alchimie ne puisse y remédier, conduisant l’humanité dans le crépuscule. C’est dans ce contexte que s’ouvre le jeu avec l’apparition de Shallistella, jeune alchimiste novice qui part à la recherche d’un remède pour sauver son village de la sècheresse. A peine arrivée à la ville, son bateau est attaqué par un dragon des sables et heurte violemment les bâtiment, faisant de gros dégâts. Shallistella et sa suite sont alors obligés de travailler pour réparer les dégâts et tenter de trouver de l’aide. Débute alors une longue quête qui va l’amener à croiser de nombreux personnages, dont la dynamique Shalotte, qui se fait également surnommer « Shallie » par ses amis.

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Un atelier simplifié

Après deux épisodes de qualité, Atelier Ayesha et Atelier Escha & Logy, Atelier Shallie apparaît comme un sous-épisode. La série Atelier fonde sa réputation sur son système de missions en temps minuté, or la contrainte de temps a disparu. Ce changement rend le jeu plus accessible, certains diront plus simple, mais enlève une partie du charme de la série. Les quêtes sont réparties en deux catégories : les quêtes principales qui font avancer dans l’histoire et les « Life Task », quêtes annexes à compléter à son rythme.

Le joueur peut ainsi avancer comme il le désir, soit rapidement en finissant vite les quêtes principales, soit en accomplissant le plus de Life Task possibles avant de clore le chapitre. Les Life Task sont très variées et s’accumulent très vite : récupérer des ressources, créer certains objets, parler à des PNJ, tuer des monstres, visiter des lieux… il y a de quoi faire ! Considérées comme des quêtes annexes, elles s’avèrent indispensables pour renforcer les personnages. En effet, les combats ne rapportent que très peu d’expérience, même contre des ennemis puissants. De la même façon, l’alchimie ne rapporte pas suffisamment d’expérience pour monter en niveau. Cependant, les Life Task rapporte des bonus d’expérience énormes qui peuvent faire gagner plusieurs niveaux d’un coup ! Il faut donc trouver le bon équilibre entre quêtes annexes et principales, afin de bénéficier de personnages puissants et d’un équipement performant.

Niveau scénario, le jeu n’est pas d’un intérêt transcendant : entre Shallistella qui se lamente sans arrêt de ne pas être assez douée pour sauver son village et Shalotte qui cherche juste de la reconnaissance, les personnages manquent de profondeur et l’histoire ne passionne pas autant que les épisodes précédents. Si ce jeu est bien la suite des deux autres, les anciens personnages que font qu’une apparition timide et aucune réponse aux questions précédemment soulevées n’est apportée. Dommage, les fans attendaient la conclusion avec impatience mais ce scénario minimaliste semble plutôt conçu pour les novices qui veulent s’initier aux joies de l’alchimie.

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L’alchimie, c’est ma grande passion !

Pour progresser dans l’aventure, il faut un bon équipement. Pour le créer, rien de tel que l’alchimie. Après avoir arpenté les différents niveaux à la recherche des ingrédients nécessaires, on retourne à l’atelier confectionner potions et objets. Le système d’alchimie reste complexe et profond: on choisit les ingrédients en prenant soin de sélectionner ceux qui donneront l’objet aux caractéristiques les plus élevées puis on ajoute des capacités, classées par éléments, enfin on transfère à sa création des compétences spéciales comme plus de dégâts, plus de résistance ou autre. Si les talents d’alchimiste de l’héroïne ne suffisent pas, un petit tour vers les ateliers des PNJ donnent accès à d’autres options, permettant de créer ou de détruire des objets pour récupérer des matières premières intéressantes, moyennant finances.

Ce système se révèle passionnant et force le joueur à créer des tas de versions différentes d’un même objet pour voir quelles combinaisons donnent les meilleurs résultats. Un système qui fait honneur à la série.

Des combats tactiques

L’autre belle surprise de ce jeu, c’est le système de combat. Les niveaux sont très petits, sans level design, et d’un niveau technique indigne d’une PS3 : les décors vides et fades aux textures peu détaillées ne viendront pas flatter vos rétines. En revanche, les combats sont agréables : si les personnages et les monstres sont bien modélisés, suffisamment détaillés et dotés d’animations fluides et rigolotes, c’est le système de combat lui-même qui est prenant. Au tour-par-tour, chaque personnage dispose d’une attaque de base et d’attaques spéciales nécessitant une certaine dose de magie. On peut également utiliser des objets. La palette d’attaques spéciales est variée et permet tout style de combat. Seuls 3 personnages se battent en première ligne, mais les combattants en réserve (sur la deuxième ligne) peuvent venir les remplacer à tout moment. L’avantage de ce système est de permettre aux blessés de la première ligne de venir se repose en deuxième ligne pour regagner des points de vie.

A force d’attaquer, une jauge de burst se remplit. Mais elle se vide quand les ennemis frappent. Une fois à 100%, l’équipe peut alors déclencher des attaques surpuissantes. Ce système fait fortement penser au « break » de Final Fantasy XIII, et va encore plus loin car, sous certaines condition, on peut déclencher un « field burst » qui va booster les caractéristiques des personnages. Il en résulte des combats tactiques très plaisants qui viennent en partie faire oublier la minceur du scénario.

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Un atelier sur le déclin

Le choix entre deux héroïnes (et donc deux variantes d’une même histoire) n’apporte rien à cet Atelier Shallie tant les personnages manquent de charisme. D’ailleurs, aucun d’eux n’est réellement attachant ou ne ressort du lot, malgré leur style manga qui sonne un peu faux. Heureusement que les techniques de combat sont nombreuses et variées et que l’alchimie donne accès à une foule d’objets. Entre un scénario creux qui n’apporte aucune réponse et des graphismes à peaufiner, même s’ils restent au-dessus de la moyenne pour la série, cet Atelier Shallie : Alchemist of the Dusk Sea ne semble pas conclure une trilogie pourtant démarrée en fanfare mais apparaît comme une sorte de hors-série où les protagonistes des deux premiers jeux font de timides apparitions. Gust, pourtant habitué à produire des RPG de qualité, se contente d’un titre un peu bâclé, bien que plus accessible, qui donne au joueur l’impression d’une succession d' »events » sans véritable but. Il n’y a que peu de challenge, le game over étant même évité car quand l’équipe est vaincue, elle revient automatiquement sur la carte du monde en conservant tout ce qui a été récolté auparavant.
Cet épisode ressemble donc à une sorte d’initiation à la série, pour ceux qui n’y ont jamais joué. Les fans rêveront à une véritable conclusion de cette série Dusk. Il est dommage de ne pas avoir traduit ce jeu en français, afin de toucher un plus large public.

Enguy

Points forts :

– Retrouvez les personnages de la série Dusk
– Système d’alchimie prenant et complexes
– Combats tactiques et motivants
– Difficulté minime

Points faibles :

– Scénario qui n’apporte aucune réponse
– Personnages dépourvus de charisme
– Aucun challenge

[note]La note Gamingway : 13/20[/note]

Editeur : Koei Tecmo
Genre : action / RPG
Support : 3DS

Date de sortie : 13 février 2015

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